26 septembre 2013
Hôtel-Dieu
Le nouvel horaire continue de faire rager les préposés
Par: Le Courrier
En plus des préposés aux bénéficiaires, certains résidents de l'Hôtel-Dieu déplorent les changements proposés par le projet-pilote implanté depuis un mois.

En plus des préposés aux bénéficiaires, certains résidents de l'Hôtel-Dieu déplorent les changements proposés par le projet-pilote implanté depuis un mois.

Implanté depuis un mois, le nouvel horaire de travail à l’Hôtel-Dieu de Saint-Hyacinthe continue de soulever l’ire des préposés aux bénéficiaires et même celle des résidents.

Depuis le 25 août, les quarts de travail des 40 employés de l’unité du parc, à l’Hôtel-Dieu, ont été modifiés afin d’améliorer l’activité repas des résidents. En 2011, le ministère de la Santé avait soulevé de nombreuses lacunes s’y rapportant lors de sa visite d’appréciation.

Même si des rencontres entre employés et responsables ont lieu chaque semaine afin d’évaluer les impacts du projet, le vase a débordé lors du dernier conseil d’administration du CSSSRY. « Le fait de devoir commencer mon quart de travail plus tôt le matin est un véritable problème pour moi, mais aussi pour mes enfants. Il n’y a pas de garderies qui ouvrent à 6 h si je dois être en poste à 6 h 30 », a raconté la préposée aux bénéficiaires Sylvie Coderre, exaspérée. Sa collègue, Maryse Choquette, a pour sa part, dénoncé le manque de continuité dans les soins en raison d’une trop grande rotation du personnel. « J’aime mon travail et je suis prête à faire des heures supplémentaires lorsqu’il le faut, mais pour nous récompenser de nos efforts, vous [la direction] imposez des quarts de travail de 13 h à 21 h. À la dernière rencontre, personne ne s’est manifesté lorsque nous avons demandé qui était à l’aise avec cet horaire. »Une autre a aussi fait remarquer que puisque les patients sont levés plus tôt en raison des nouveaux horaires de jour, « il arrive que nous nous fassions frapper par les clients, car nous n’avons pas le temps de les réveiller en douceur ». Les cris du coeur des préposés se sont succédé durant plus de 40 minutes, insistant au passage sur le manque de personnel et sur certaines procédures de soins jugées inadéquates. Deux résidents de l’établissement se sont joints aux préposés afin d’envoyer un message clair à la direction, alléguant qu’ils étaient insatisfaits des changements imposés depuis le dernier mois. « Nous n’avons droit qu’à une seule douche par semaine. Croyez-vous que si j’étais capable, je me laverais plus souvent? », a demandé le résident Yvan Godbout à la directrice générale du CSSSRY, Lise Pouliot. « Sous peu, nous serons lavés avec le savon Tena et uniquement au niveau du visage, des aisselles et des organes génitaux. C’est peut-être une recommandation du ministère de la Santé, mais il n’est pas ici le Ministère. Quand ce sera à votre tour d’être à ma place, madame, est-ce que ce genre de douche vous conviendra? J’en doute », a poursuivi M. Godbout. Devant ce flot incessant de critiques, Lise Pouliot ainsi que la directrice de l’hébergement et milieu de vie, Chantal Savard, ont tenté de calmer l’assemblée en réitérant qu’il s’agissait d’un projet-pilote et que divers changements pourraient y être apportés. « Il ne faudrait pas oublier que nous avons réussi plusieurs bons coups avec ce projet. Nous avons amélioré les heures de repas, en plus d’éliminer les petits quarts de travail de soir », a souligné Mme Savard.Elle a aussi ajouté que les 72 familles dont un proche serait touché par les changements avaient été contactées et qu’elles s’étaient montrées favorables au projet.La directrice générale, quant à elle, a reconnu que plus d’une rencontre par semaine serait peut-être nécessaire pour bien évaluer les conséquences de ce nouvel horaire.

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