24 juillet 2014
Nettoyage des cours d'eau
Le Plein Champ, un dossier délicat
Par: Le Courrier
Le ruisseau Plein Champ, à la hauteur du Club de golf de Saint-Hyacinthe.

Le ruisseau Plein Champ, à la hauteur du Club de golf de Saint-Hyacinthe.

Drainant une bonne partie du secteur ouest de la ville de Saint-Hyacinthe, le cours d’eau Plein Champ fera l’objet d’une intervention de la MRC des Maskoutains dans le cadre du programme d’entretien des cours d’eau.

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Comme ce ruisseau coule en terrain très plat et que les sédiments charriés par les eaux de ruissellement s’accumulent dans son lit, il est sujet aux débordements. Plusieurs agriculteurs du bassin versant en souffrent et ils demandent l’intervention de la MRC. Les effets négatifs de cette situation se font aussi sentir en zone urbaine, et particulièrement au Club de golf de Saint-Hyacinthe.

La branche principale du ruisseau Plein Champ traverse ce parcours de golf avant de se jeter dans la rivière Yamaska, juste en amont de la prise d’eau de la Ville de Saint-Hyacinthe. Lorsque l’eau monte dans la rivière à la fonte des neiges – son niveau a même grimpé de 2,2 mètres ce printemps – où après une forte pluie, l’eau arrivant par le ruisseau Plein Champ est refoulée à la hauteur du terrain de golf, qui peut alors être inondé dans sa partie la plus basse. « Il y a un vert qui se trouve vraiment dans la plaine inondable », explique le directeur des Services techniques à la MRC, Patrick Bernard.En procédant au nettoyage de toutes les branches du ruisseau Plein Champ, la MRC favorisera forcément un meilleur écoulement des eaux vers le golf, ce qui rend l’affaire plus délicate.À sa séance d’avril, le conseil des maires de la MRC a donc résolu de demander à la Ville de Saint-Hyacinthe et au Club de golf de donner suite aux recommandations contenues dans une étude hydraulique qui a été réalisée par Patrick Bernard en 2012. La MRC demande notamment au Club de remplacer les ponceaux qui gênent l’écoulement de l’eau par des ouvrages d’une capacité suffisante, comme le recommandait une étude technique de 2001.Quant à la MRC, elle se propose de nettoyer toutes les branches du cours d’eau Plein Champ jusqu’aux voies ferrées du CN, lesquelles longent la partie nord du terrain de golf. L’intervention est prévue pour 2015.

Bandes riveraines nécessaires

Chaque année, la MRC des Maskoutains nettoie de 60 à 100 km de cours d’eau sur son territoire pour assurer un bon écoulement des eaux et un drainage adéquat des terres. La facture est envoyée aux municipalités, qui la refilent ensuite aux propriétaires du bassin versant, selon un mode de répartition généralement basé sur la superficie de terrain. Seule la Ville de Saint-Hyacinthe assume les frais de nettoyage à même son fonds général. Ce sont des travaux coûteux qui sont à refaire au bout de 10 ou 15 ans, là où il n’existe pas de bande riveraine protectrice, explique le directeur général de la MRC des Maskoutains, Gabriel Michaud.

« Nous sommes la MRC au Québec qui fait le plus d’entretien de cours d’eau. Avec ses 1310 km 2 , c’est une des très grosses MRC. Nous avons plus de 325 cours d’eau sur un territoire où il se fait beaucoup d’agriculture. Il y a environ 1200 exploitations agricoles sur le territoire, alors que les MRC les plus proches de nous en ont 600 », souligne-t-il.Dans un tel contexte, la MRC compte beaucoup sur le travail de conscientisation de ses comités de bassins versants pour garder les cours d’eau en bon état et pour protéger l’environnement. Cette protection est assurée par les bandes riveraines dont la végétation, en agissant tel un filtre, empêche l’eau de ruissellement d’entraîner les sédiments vers les fossés et les cours d’eau. Pour créer une bande riveraine, l’agriculteur n’a qu’à laisser quelques pieds de terrain à l’état naturel le long du fossé ou du cours d’eau. La végétation fait le reste. La création d’un comité de bassin versant pour le cours d’eau Plein Champ est donc fortement recommandée par le conseil des maires. Il s’agira du huitième comité du genre sur le territoire. Le tout premier a été mis sur pied à Saint-Valérien il y a une douzaine d’années, pour le ruisseau des Aulnages. « Le comité était déjà sur pied lorsque le cours d’eau a été nettoyé en 2003. Maintenant, on ne voit pas le jour où on devra y retourner. Pour le ruisseau Corbin, à Saint-Damase, qui se remplissait de sédiments, les gens se sont pris en main et c’est un autre beau succès. Environ 90 % des bandes riveraines du bassin versant n’existaient pas il y a trois ans. Le premier réflexe des agriculteurs, c’est de voir les bandes riveraines comme une perte de revenus. Mais aujourd’hui, aucun ne retournerait en arrière », soutient M. Michaud.Le plus récent comité de bassin versant créé dans la MRC est celui de la rivière Chibouet, aussi connue sous le nom de Scibouette, qui a été constitué en avril 2014. La MRC a des attentes élevées de ce côté, puisque la Scibouette compte quelque 200 branches touchant sept municipalités, dont Saint-Simon, Saint-Hugues, Sainte-Hélène-de-Bagot et Saint-Liboire.

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