17 octobre 2019
Ordre des technologues professionnels du Québec
Le président d’une firme d’ingénierie maskoutaine mis à l’amende
Par: Jean-Luc Lorry

Paul Théroux, président du Groupe CME, une firme de génie-conseil qui possède des bureaux à Saint-Hyacinthe, a été radié temporairement de l’Ordre des technologues professionnels du Québec en plus d’écoper d’amendes totalisant 5500 $ pour exercice illégal de la profession d’ingénieur dans deux projets de construction.

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Détenteur d’une formation professionnelle en mécanique du bâtiment, Paul Théroux a été radié du tableau de l’Ordre des technologues professionnels du Québec pour une durée de six mois en raison d’infractions commises entre 2012 et 2014.

Quant aux amendes infligées à M. Théroux, la première de 2500 $ s’applique au chef d’infraction concernant les plans pour une boutique de vêtements. La seconde amende d’un montant de 3000 $ fait référence au chef d’infraction relatif aux plans et devis d’un centre de la petite enfance.

Le Groupe CME offre des services en mécanique, en électricité, en génie civil et en structure.

Dans la décision sur sanction produite par le conseil de discipline de l’Ordre, dont LE COURRIER a obtenu copie, on reproche à Paul Théroux d’avoir utilisé en septembre 2012 le sceau et la signature d’un ingénieur à l’emploi de son entreprise, mais en congé maladie, dans le cadre de la préparation d’un plan pour la construction d’un magasin l’Aubainerie à Drummondville.

En avril 2013, à la suite d’un signalement, l’Ordre des ingénieurs du Québec avait préparé un rapport d’enquête relativement aux plans signés par M. Théroux.

En mai 2014, la Cour du Québec (Chambre criminelle et pénale), à la suite d’un jugement sur sentence, avait condamné M. Théroux au paiement de deux amendes de 3000 $ chacune.

Cette même année, dans le cadre de la construction du centre de la petite enfance (CPE) Bambin Club à Ange-Gardien, Paul Théroux a laissé croire au donneur d’ouvrage qu’il était lui-même ingénieur. L’ingénieur en question affecté à ce projet avait quitté deux mois plus tôt la firme de génie-conseil.

La décision sur sanction précise qu’entre mai 2014 et janvier 2015, M. Théroux avait produit pas moins de 32 directives de changements soit électriques ou mécaniques aux plans et devis pendant la construction de ce CPE.

En juillet 2015, « à la suite d’un signalement par le Centre de la petite enfance, l’Ordre des ingénieurs du Québec prépare un rapport d’enquête à l’égard de l’accomplissement par l’intimé de tous ces actes réservés aux ingénieurs ».

« Paul Théroux a laissé croire au donneur d’ouvrage qu’il était lui-même ingénieur.

Pour ce second dossier criminel, Paul Théroux s’était vu imposer par la Cour du Québec des amendes totalisant 12 000 $.

Dans la décision de 20 pages, l’Ordre considère que Paul Théroux agit de la sorte pour « des raisons purement économiques, sachant très bien que ce qu’il fait n’est pas légal. Ce faisant, il en tire des bénéfices personnels ».

Ainsi, le Conseil juge que le risque de récidive est modéré. « Lors de l’audition, M. Théroux est toujours à la recherche d’un associé ingénieur qui saura assurer la pérennité de CME et éviter que des situations comme celles de 2012 et 2014 ne se reproduisent ».

La radiation de Paul Théroux au tableau de son ordre professionnel a pris effet à partir du 5 septembre 2019 pour une période de 6 mois.

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