27 décembre 2018
Nouvelle bibliothèque
Le prix à payer
Par: Martin Bourassa

Saint-Hyacinthe aura bientôt une nouvelle bibliothèque. Et toute une à part ça. La facture pourrait atteindre 25 M$. Est-ce démesuré? À vous de juger.

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Il ne fait aucun doute qu’une nouvelle bibliothèque s’impose, quoiqu’en disent les apôtres du tout numérique. Techniquement parlant, le statu quo est impossible puisque l’immeuble actuel, où loge la bibliothèque T.-A.-St-Germain, n’est plus capable de supporter le poids des livres et des années. La structure inquiète et ne permet pas d’entrevoir l’avenir à cet endroit. Donc, le déménagement est non négociable. Alors aussi bien qu’elle s’installe à son aise au centre-ville.

La décision d’en faire l’élément central d’un pôle culturel avec Expression et le centre d’archives a fait l’unanimité quand la Ville de Saint-Hyacinthe a sorti cette idée à l’été 2017, sans toutefois la chiffrer. Et personne ne peut remettre en doute l’intérêt du lieu retenu pour cette bibliothèque, dans l’ex-immeuble de la Fédération Desjardins, au coin Bourdages et Girouard. Le site est approprié, voire magnifique. La grande inconnue résidait dans le prix rattaché au projet et son échéancier.

On savait que l’acquisition de la bâtisse coûterait 10 M$, mais pour le reste, la Ville s’était faite avare de détails. Jusqu’à la sortie de son plan triennal d’immobilisations 2019-2021 au début du mois, où, pour la première fois, les frais d’aménagement sont apparus. Ils tournent autour de 15 M$, ce qui porte l’ampleur du projet à 25 M$. C’est cher, je l’avoue. Même que je croyais naïvement que l’achat d’un immeuble existant nous permettrait de nous en tirer à meilleur prix.

À Drummondville, oui encore elle, on s’est doté en 2017 d’une bibliothèque flambant neuve de 21 M$, qui abrite aussi la Société d’histoire, la Société de généalogie et des services municipaux, dont le Service des loisirs. Dans l’attente de connaître tout le concept maskoutain, il est difficile de savoir si la comparaison a du sens.

Ce qui se compare en revanche, c’est le montage financier des deux bibliothèques. Outre l’acquisition de 10 M$, Saint-Hyacinthe prévoit encore dépenser 12 M$ par règlement d’emprunt. Elle anticipe aussi une aide fédérale de 1 M$ et aimerait que le milieu donne 2 M$, dans un copier-coller de la collecte qui a permis la construction du Centre des arts. Nous n’avons encore aucune indication sur une demande de subvention provinciale. J’ose espérer que Québec sera interpelé, car à Drummondville, il a versé 6,5 M$, la Ville a mis 10 M$, puis pompé 4 M$ dans la taxe sur l’essence.

Non, les Drummondvillois n’ont pas été mis à contribution. Pas à ce que je sache.

Pour que notre pôle culturel devienne réalité, il faudra aussi investir dans l’église Notre-Dame-du-Rosaire et le couvent du Précieux-Sang. Combien, quand et en aurons-nous les moyens après avoir investi 25 M$ dans la bibliothèque? À la Ville de Saint-Hyacinthe de répondre rapidement à toutes ces questions.

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