22 novembre 2012
Le procès du Père Ovide
Par: Martin Bourassa
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Le conseiller Bernard Barré s’est fait plaisir, mais n’est certainement pas sorti grandi de sa plus récente attaque à l’endroit de son collègue David Bousquet, qu’il a accusé publiquement d’être le panier percé, le Père Ovide qui partage tous les secrets du conseil aux journalistes, dont principalement à ceux du COURRIER.

Du petit Barré, très petit. Ce n’était certainement pas le moment, ni l’endroit pour régler ses comptes. Surtout sur la base d’une preuve aussi faible.En gros, il a accusé son collègue de ne pas avoir respecté l’embargo d’une journée imposé par la Ville après la conférence de presse publique sur le projet d’aréna privé.Le conseiller Bousquet avait osé partager quelques informations sur sa page Facebook dans les heures suivant la conférence de presse du maire Claude Bernier.Il n’en fallait pas plus pour que le bouillant conseiller de La Providence associe son jeune collègue à toutes les fuites qui minent le conseil depuis trois ans. Rien que ça!Attaqué, David Bousquet a dénoncé avec raison ce procès public. Il aurait été plus juste de parler de règlement de comptes public si vous voulez mon avis. Le silence approbateur du maire Bernier n’était pas plus joli, tout comme celui des autres conseillers bouche bée. David Bousquet évidemment s’est défendu d’être le rapporteur officiel du COURRIER. Sur l’embargo, il a dit que jamais il n’avait été avisé par la direction générale ou le maire que le contenu de la conférence de presse du mercredi matin devait être tenu secret pendant 24 heures. Pire encore, on a appris de sa bouche qu’on lui avait refusé, comme à tout autre élu, d’assister à cette conférence de presse!J’ai vraiment peine à croire que les élus jouent le jeu et se soumettent à des ordres aussi peu démocratiques. Idem au sujet de l’embargo.Je l’ai dit et je le répète, cet embargo n’avait pas sa place. Envoyer aux médias un communiqué de presse sous embargo est une chose que l’on voit à l’occasion, mais tenir une conférence de presse sous embargo pour un dossier d’aréna est vraiment exceptionnel. Pour ne pas dire le comble de l’insignifiance. Mais pour revenir au conseiller Barré, sa job de bras était déplacée. Encore.Pour la deuxième fois en l’espace de quelques semaines, il a voulu intimider un collègue. La première fois, c’est la conseillère Brigitte Sansoucy qui en a fait les frais quand M. Barré avait déclaré que tout élu qui s’opposerait à une résolution dans le dossier de la rue Des Seigneurs insulterait du même coup la moitié de la population.Lundi soir, sa sortie préméditée contre M. Bousquet cachait peut-être un autre objectif alors que l’on s’apprête à régler le dossier du passage à niveau et celui de l’aréna.Peut-être voulait-il prévenir les fuites potentielles dans ces deux dossiers. Ou peut-être a-t-il tout simplement voulu planter celui qui a fait dérailler le dossier du passage à niveau au profit du tunnel. Enfin, on retiendra que Bernard Barré n’aime pas Facebook, ni les réseaux sociaux. « On l’a vu au printemps, a-t-il dit, y’a eu plein de guerres civiles à cause des médias sociaux. Faut faire attention! »

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