10 septembre 2015
Site E.T. Corset / Goodyear
Le projet Bellus bloqué à l’étape du registre
Par: Benoît Lapierre

Stoppé à l’étape du registre, le projet de règlement devant permettre à Bellus Développement de réaliser un important projet immobilier sur l’ancien site ­industriel E.T. Corset / Goodyear vient de retomber sur la table du conseil municipal.

La greffière de la Ville de Saint-Hyacinthe, Me Hélène Beauchesne, a confirmé lundi soir que lors de la consultation du 2 ­septembre, 29 citoyens des zones concernées se sont rendus à l’hôtel de ville pour signer le registre, alors qu’il suffisait de 24 signataires pour faire obstacle à l’entrée en vigueur du règlement de zonage dont le conseil a adopté la version finale le 24 août.

Les élus municipaux auraient pu annoncer sur le champ quelle direction ils ­entendaient prendre dans les circonstances, mais ils n’en ont rien fait, préférant s’accorder un moment de réflexion. « Le conseil devra maintenant analyser les deux options qui s’offrent à lui dans ce dossier : soit la tenue d’un référendum, soit le retrait du règlement », a déclaré le maire Claude Corbeil au début de la séance publique.

Au point de presse qui l’a suivie, il a ­indiqué que le sujet sera à l’ordre du jour de la plénière du 14 septembre, après quoi la décision suivrait à la séance publique du 21 septembre. « Au niveau de l’administration, il s’agira de bien documenter les deux options », a mentionné le directeur général, Louis Bilodeau.

Le projet que Bellus souhaite réaliser à l’angle du boulevard Laframboise et de la rue Delorme, sur le site appartenant pour le moment à Stéphane Arès et Fernand ­Mathieu, consiste en la construction d’au moins 118 logements répartis dans huit bâtiments comportant de trois à cinq étages. Il entraînerait la démolition de ­l’ancienne manufacture E.T. Corset, ­datant de 1892, dont seule la partie ­mansardée de la tourelle serait ­conservée et reproduite sur l’édifice de remplacement.

La Maskoutaine Marie-France Daigneault-Bouchard, qui milite depuis des mois pour la conservation du plus vieil élément bâti du patrimoine industriel de Saint-­Hyacinthe, a évidemment accueilli le résultat du registre avec satisfaction.

« C’est sûr qu’on a essayé de sensibiliser les gens à notre point de vue, mais ça reste la décision des citoyens. Les gens ne ­comprennent pas ce qui se passe, ils ont manqué d’information sur ce projet et c’est pour ça qu’ils ont signé. Je trouve très important qu’on puisse relancer l’idée de la sauvegarde de la E.T. Corset en ­complément d’un développement résidentiel », a-t-elle commenté.

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