19 décembre 2019
Exceldor à Saint-Hyacinthe
Le projet de 200 M$ stoppé par la CPTAQ
Par: Benoit Lapierre

Le transformateur de volaille Exceldor ne pourra pas concrétiser son projet qui consistait à construire une nouvelle usine de 200 M$ à Saint-Hyacinthe, sur une terre agricole de 23,64 hectares qui appartient à la Ville et qui s’étend du côté ouest du parc industriel Olivier-Chalifoux.

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La Commission de protection du territoire et des activités agricoles du Québec (CPTAQ) refuse que cet espace soit exclu du territoire agricole pour être utilisé à des fins industrielles, a annoncé la Ville de Saint-Hyacinthe hier après-midi, par voie de communiqué. Elle a ensuite transmis au COURRIER la décision de la CPTAQ à l’égard de la demande d’exclusion qu’elle lui avait présentée en mai 2018.

« Après mûre réflexion, en prenant en considération les observations faites lors de la rencontre publique ainsi que tous les documents soumis, la Commission demeure convaincue que l’ensemble des informations au dossier ne contribue pas à justifier une analyse différente de celle émise à l’orientation préliminaire [21 janvier 2019] », explique les commissaires Diane Monteur et René Mongeau dans leur décision de 34 pages, rendue le 17 décembre.

Après l’émission, au début de l’année, d’une orientation préliminaire qui annonçait le rejet probable de la demande d’exclusion, la Ville avait demandé à la CPTAQ de tenir une rencontre avec tous les intervenants au dossier, rencontre qui a eu lieu à Longueuil le 29 mai. C’est à cette occasion que l’important projet d’Exceldor avait été dévoilé et que, dès lors, il n’était plus seulement question d’un agrandissement du parc industriel Olivier-Chalifoux pour des besoins futurs. Il est devenu évident que toutes les informations qui se sont ajoutées au dossier durant cette rencontre de cinq heures n’ont pas modifié la perception de la Commission face à la requête de la Ville.

Dans sa décision, la CPTAQ rappelle que la Ville détient environ 38 hectares de terrain qui sont contigus au parc industriel Théo-Phénix, au nord, et qui pourraient bénéficier de droits acquis d’utilisation non agricole, comme l’avait déjà signalé François Thomas, l’urbaniste de l’UPA de Saint-Hyacinthe. Joint hier, M. Thomas a expliqué qu’il lui était difficile de commenter une décision qu’il n’avait pas encore lue, celle-ci n’ayant été transmise en priorité qu’au demandeur, la Ville de Saint-Hyacinthe.

Pour le maire Claude Corbeil, qui a émis ses commentaires dans le communiqué, ce revers devant la CPTAQ « remet en cause les perspectives de développement de Saint-Hyacinthe […] et affecte du même coup la croissance économique de toute la région maskoutaine ». Il se dit néanmoins prêt à tenter de « dénouer l’impasse » avec ses partenaires dans le dossier. « Pas question de baisser les bras, car les enjeux pour notre milieu sont trop importants », a-t-il dit. Le maire souligne par ailleurs qu’Exceldor « réaffirme son engagement » à s’installer sur l’avenue Pinard, à Saint-Hyacinthe. « Comme producteur agricole, je suis très conscient de l’importance de protéger nos terres, mais ce dossier doit être considéré dans un écosystème plus large », a-t-il ajouté.

La députée de Saint-Hyacinthe à l’Assemblée nationale, Chantal Soucy, qui a aussi réagi en émettant un communiqué, dit « prendre acte » de la décision de la CPTAQ et mise sur une concertation des acteurs concernés. Pour l’instant, dit-elle, sa « plus grande préoccupation » demeure les 250 emplois actuels chez Exceldor de Saint-Damase et leurs familles, pour qui la nouvelle apporte son lot d’incertitude à l’approche des Fêtes.

Avec la collaboration de Rémi Léonard

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