13 septembre 2012
Déménagement des organismes culturels à la Métairie
Le projet passe du simple au double
Par: Le Courrier

Le projet du nouveau pavillon culturel au couvent de la Métairie est victime de sa popularité. Au point où la Ville de Saint-Hyacinthe pourrait devoir y consacrer un budget de 10 M$, loin des 5,6 M$ prévus dans un premier temps.

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Selon nos informations, le nombre d’organismes culturels qui souhaitent s’y installer serait plus élevé que prévu. Le projet initial visait le déménagement en priorité des huit organismes qui seront bientôt forcés de quitter le Centre culturel, appelé à être démoli. Mais voilà que huit autres organismes souhaitent eux aussi faire leur nid à la Métairie. Parmi ceux-ci, on retrouverait le MALI, le Rendez-vous des papilles, Visit’ART, le club d’astronomie et l’Association musicale Richelieu-Yamaska.

Or, en doublant le nombre d’organismes, la facture passerait elle aussi du simple au double, a appris LE COURRIER au cours des derniers jours.Déjà, la Ville avait contracté un emprunt de 5,6 M$ en décembre 2011, lors de l’achat du couvent de la Métairie au Groupe Robin pour la somme de 2 M$. La balance devait couvrir « les honoraires professionnels pour la préparation de plans et devis, de même que les coûts de transformation du bâtiment » qui allait assurer une seconde vie au vieux couvent, avait annoncé la Ville il y a moins d’un an.Depuis, une étude d’opportunité a été présentée aux élus. Selon nos informations, une option à 6 M$ — excluant le prix d’achat — n’a pas été retenue. Une seconde à 6,6 M$ a été soumise et une troisième se dessine, bonifiée à un coût de 7 M$. En ajoutant à ces 7 M$ les 2 M$ déjà investis dans l’achat de l’édifice, le projet s’élèverait à 9 M$.Mais puisque les frais de contingence des travaux sont estimés à 25 %, cela pourrait faire varier la facture d’un autre million de dollars. Et si l’on se fie à l’expérience récente lors de la construction du centre aquatique, les variations budgétaires sont plus souvent à la hausse qu’à la baisse, nous fait-on remarquer.D’où une dépense potentielle de 10 M$ au final.Il reviendra au conseil municipal de décider s’il ira ou non de l’avant avec un projet plus ambitieux, mais plus coûteux.

Barré le visionnaire

Le conseiller de La Providence, qui a défendu bec et ongle le patrimoine historique du couvent alors qu’il était menacé de démolition, ne cache pas sa position.

« Le conseil aura le choix. Ou bien on se contente du projet initial, ou bien on est visionnaire et on donne à la population une installation pour l’avenir, a résumé Bernard Barré. Moi, je suis un visionnaire. J’ai tenu à bout de bras le projet du couvent et je souhaite que l’on accommode tous ceux qui en ont fait la demande. Des centaines de citoyens prennent part à ces activités, organisées par des bénévoles, rappelons-le. »Quoique le conseil décide, M. Barré fait remarquer que la popularité du projet justifie à elle seule la décision de déménager les organismes culturels à la Métairie. « Certains de mes collègues voulaient qu’on déplace les organismes dans une nouvelle construction adjacente au Centre des arts. Au centre-ville, il n’y aurait même pas eu assez d’espace pour ajouter un garde-robe dans les plans! »

Pas de démolition

Les travaux d’aménagement et d’agrandissement qui seront nécessaires si les élus choisissent d’aller de l’avant avec un projet de plus grande envergure ne devraient toutefois pas modifier l’aspect extérieur du vieux couvent, qu’un rapport commandé par la Ville avait déclaré « patrimonial » en 2011.

Cette évaluation avait d’ailleurs pesé dans la balance lorsque la Ville avait refusé que le Groupe Robin démolisse l’édifice. « Jamais le couvent ne sera démoli. Il va me survivre!, a promis M. Barré. Rien ne sera mis à terre. Le couvent va rester tel qu’il est, nous devrons composer avec pour préserver son caractère historique. »Selon l’échéancier actuel, le déménagement des organismes culturels est prévu d’ici 12 à 15 mois.

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