17 décembre 2020
Piétonnisation au centre-ville
Le rapport fait consensus
Par: Jean-Luc Lorry

Stephan Rhéaume, président de la SDC centre-ville, fait partie des commerçants qui sont en accord avec les conclusions du rapport de Saint-Hyacinthe Technopole sur le projet pilote de piétonnisation de la rue des Cascades. Photothèque | Le Courrier ©

Le rapport effectué par l’organisme Saint-Hyacinthe Technopole sur la piétonnisation temporaire de la rue des Cascades l’été passé semble faire consensus auprès de ceux qui étaient pour et contre ce projet pilote.

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Commandé par la Ville de Saint-Hyacinthe, ce rapport rendu public dernièrement a démontré, données à l’appui, que cette première édition de piétonnisation a eu un effet négatif sur les affaires des commerçants du centre-ville.

« Ce rapport reflète bien la réalité. J’ai été contente de lire dans votre journal que je n’étais pas la seule à avoir vu ses ventes chuter en raison de la piétonnisation. Mes affaires se portaient très bien l’été dernier jusqu’à la fermeture de la rue des Cascades », indique Linda Leduc, propriétaire de la boutique de vêtements pour femmes Moi et l’autre, en entrevue au COURRIER.

Ce projet lancé par la Ville de Saint-Hyacinthe et l’ancienne direction de la Société de développement du centre-ville de Saint-Hyacinthe (SDC) avait rapidement provoqué un tollé auprès de nombreux commerçants qui s’opposaient fermement à l’interdiction des automobiles sur cette artère commerciale.

En cette période de crise sanitaire qui perdure, Mme Leduc dit réussir à tirer son épingle du jeu grâce à la fidélité de sa clientèle.

« Des amies qui exploitent le même type de boutique au Québec voient leur chiffre d’affaires chuter pour certaines jusqu’à 60 %. Dans ma situation, il s’agit davantage de 10 à 13 % de baisse. Je suis chanceuse. Je ne vois pas l’avenir de façon négative », mentionne-t-elle. La boutique Moi et l’autre a pignon sur rue depuis bientôt 15 ans.

Joëlle Turcotte, copropriétaire du bar-spectacle Le Zaricot situé sur la rue des Cascades, trouvait audacieuse l’idée d’implanter une formule de zone piétonnière au centre-ville.

Mme Turcotte avait initié un mouvement favorable à la transformation de la rue Cascades en rue piétonne en créant un groupe Facebook auquel avaient adhéré de nombreuses personnes.

Avec le recul, la commerçante reconnaît que le projet était mal ficelé. « Pour moi, la piétonnisation a été un projet avec beaucoup de compromis qui n’a plu finalement à personne. La Ville a manqué le bateau concernant l’animation. Je comprends les conclusions du rapport et je n’en espérais pas d’autres », mentionne Joëlle Turcotte, lors d’un entretien téléphonique.

Celle-ci considère que les conditions gagnantes n’étaient pas réunies pour faire de ce projet un succès. « De toute façon, l’achalandage n’aurait pas été au rendez-vous en raison de la pandémie et de la canicule », souligne-t-elle.

L’homme d’affaires maskoutain Stéphan Rhéaume, qui a succédé en juillet à Jausée Carrier à la présidence de la SDC, voit difficilement comment le projet de piétonnisation pourrait revoir le jour au centre-ville.

« Il est difficile de trouver un juste milieu pour une piétonnisation totale de la rue des Cascades. Ce concept est complexe à mettre en place au centre-ville. Cela prend beaucoup de restaurants pour dynamiser une telle activité, ce que hélas nous n’avons pas. Dans tous les cas, ce genre de projet n’est pas dans les cartons de la SDC », indique M. Rhéaume.

Celui-ci mise beaucoup sur le travail d’équipe pour le développement du centre-ville. « Mon rôle de président de la SDC est d’être rassembleur avec les commerçants et la Ville de Saint-Hyacinthe. Pour l’avenir, il faudra trouver une façon de faire les choses de manière fédératrice », conclut-il.

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