4 octobre 2012
Assurance-emploi
« Le régime fédéral a failli »
Par: Le Courrier
Pierre Céré, président du CNC

Pierre Céré, président du CNC

Nouvelles avenues?

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Voilà ce que sont venus dire Pierre Céré, président du CNC, Roger Valois, vice-président de la CSN de 1984 à 2011, et Yves Lessard, député du Bloc québécois de 2004 à 2011 et porte-parole en matière d’assurance-emploi, le jeudi 20 septembre à la rencontre convoquée par la Coalition des Sans-Chemises Richelieu-Yamaska.

Au Conseil national des chômeurs, nous avons initié une réflexion sur cette question il y a un peu plus d’un an. Nous cherchons à ouvrir une nouvelle voie parce que nous considérons qu’en matière d’assurance-emploi, le gouvernement fédéral a failli à ses responsabilités. Tous les gouvernements qui se sont succédé à Ottawa depuis 25 ans ont imposé des compressions, en détournant entre 1996 et 2009 près de 60 milliards $ des cotisations ouvrières et patronales et d’ici 2016, ce sont 11 milliards $ qui viendront s’y rajouter. Aujourd’hui, ce sont plus de 50 % des chômeurs qui ne sont plus assurés. L’application de ce programme est complexe, judiciarisée et fondée sur la mauvaise foi. Nous prenons à témoin la récente réforme des conservateurs qui s’attaque aux travailleurs saisonniers. Il faut savoir que 40 % des demandes d’assurance-emploi déposées au Canada par des travailleurs de l’industrie saisonnière proviennent du Québec!

Nouvelles avenues?

Nous avons cru pendant toutes ces années qu’il pouvait être possible, au fédéral, de renverser ces tendances. Nous avons levé d’innombrables campagnes d’opinion publique (les Sans-Chemise), organisé une Marche de Montréal jusqu’à Ottawa, réuni une large coalition parlementaire et syndicale à Ottawa, bien au-delà des intérêts partisans et de ces mentalités de clans.

S’il faut continuer à exercer une pression sur le gouvernement Harper et sa récente réforme, il est aussi possible d’envisager de nouvelles avenues. Rapatrier l’assurance-emploi au Québec va dans ce sens. Nous en avons déjà rapatrié des bouts, avec la création du Régime québécois d’assurance parentale. Ce projet avait été initié sous un gouvernement du Parti québécois et il a été complété sous Jean Charest. Comme société, nous y avons gagné. Qui prétend qu’on ne peut pas s’occuper du reste? Si nous voulons améliorer le régime, nous devrons nous poser la même question qu’on aurait soulevée à Ottawa : on commence par quoi, ça va coûter combien, on rééquilibre la cotisation à quel niveau? C’est pourquoi nous verrions d’un bon oeil la mise en place d’une commission québécoise pour étudier la question et formuler une proposition qui pourrait être déposée à l’Assemblée nationale aux fins de débats. Roger Valois et Yves Lessard ont rappelé les nombreuses luttes que les syndicats et les partis d’opposition ont menées et qui se sont heurtées au mur de l’indifférence des différents gouvernements qui se sont succédé à Ottawa. Les trois conférenciers se sont dits convaincus d’une chose : les travailleurs doivent bénéficier d’une sécurité économique en cas de chômage, c’est la mission d’un tel régime. Nous sommes convaincus d’une autre chose : le Québec doit devenir le maître d’oeuvre de ce programme social si important pour les travailleurs et leurs familles.

Bertrand Desrosiers Porte-parole des Sans-Chemises Richelieu-Yamaska

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