22 octobre 2015
Le ressac
Par: Martin Bourassa
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Par quel bout commencer? D’abord, les évidences. ­Personne n’avait vu venir la vague libérale au Canada, ni la forte houle dans notre comté. Une houle qui a failli emporter la candidate du NPD et lui a donné toute une frousse.

Le vent s’est toutefois calmé autour d’une heure trente au petit matin mardi, pour le plus grand bonheur de Brigitte Sansoucy. Elle sort décoiffée de sa soirée électorale, mais avec un emploi garanti pour quatre ans. De justesse!

La nouvelle députée du comté doit prendre cette victoire personnelle. C’est elle et sa notoriété qui ont fait la différence. Elle a surmonté bien des obstacles, en se défaisant du boulet légué par sa prédécesseure et en faisant fi de la déconfiture de son chef et de son parti dans les derniers miles de l’interminable campagne.

Dans le comté, nous avions prédit une victoire néodémocrate à l’arraché et un ­réveil dans l’opposition par rapport au ­parti au pouvoir. Nous avions vu juste. Mais nous anticipions toutefois l’élection d’un gouvernement minoritaire à Ottawa. Cela ne s’est pas avéré. Dans notre prédiction pour Saint-Hyacinthe/Bagot, nous nous attendions aussi à une bonne performance des candidats bloquiste et libéral. Une lutte à deux s’est finalement jouée entre le NPD… et le Parti libéral jusqu’à la toute fin.

Le Bloc n’a pu surfer sur la controverse du niqab. Tant mieux. Au niveau du pourcentage des appuis, Michel Filion a eu le même score qu’Ève-Mary Thaï Thi Lac en 2011. Idem pour notre candidat-vedette conservateur qui a à peine fait mieux que Jean-Guy Dagenais. On constate donc que les appuis perdus par le NPD ont atterri en totalité dans le camp du libéral René Vincelette, symbole de changement. Avec une ��campagne un peu plus affirmée de sa part, un miracle aurait été possible. Signalons qu’il y a 30 ans que Saint-Hyacinthe n’a pas élu un député libéral fédéral.

Le comté est passé à moins de 550 votes d’embarquer dans la barque du pouvoir. En lieu et place, on se retrouve dans le ­pédalo d’un troisième parti fédéral à ­Ottawa, et second violon sur la scène provinciale en terme de représentation. Toute une débarque!

À la lumière des résultats nationaux, le lendemain de veille sera sans doute ­pénible pour les forces conservatrices et néodémocrates. Harper a déjà abdiqué et Mulcair devra rendre des comptes à ses militants. Au point de quitter? Pas sûr. Une bonne introspection et un recentrage de parti et de messages s’imposent davantage.

Du côté du Bloc québécois, le chef non élu Gilles Duceppe n’aura pas été le ­sauveur espéré. Lui devrait s’effacer pour de bon. Au mieux, il a retardé l’échéance d’un parti dont la pertinence ne convainc plus qu’une minorité de gens. Le Bloc est condamné à quatre années moroses à Ottawa, sans ­reconnaissance officielle. Long longtemps.

Plusieurs personnes doivent aussi se gratter la tête localement.

Compte tenu des dossiers majeurs qui sont en chantier et des priorités établies par la Ville de Saint-Hyacinthe en début de campagne, c’est à se demander de quelle façon on pourra améliorer notre sort ­rapidement. Nous ne sommes pas sur la voie express à Ottawa, ni à Québec. Voilà bien d’autres soucis pour le maire Claude Corbeil.

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