24 mai 2018
entre les lignes
Le réveil de l’UMQ
Par: Le Courrier

«Les municipalités du Québec se dirigent vers une impasse fiscale, alors qu’il y a un net décrochage entre les nouvelles réalités démographiques et économiques et la base fiscale municipale. Au seul chapitre des ventes en ligne, nous avons perdu près de 2000 commerces en 2016, soit 3 milliards $ de valeur foncière. Les pertes fiscales annuelles se chiffrent à 65 millions $, soit l’équivalent de 350 Walmart. »

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Voici le wake-up call lancé par le président de l’Union des municipalités du Québec, Alexandre Cusson, maire de Drummondville, à la veille de l’ouverture des assises annuelles de son organisation le 16 mai à Gatineau. Il citait alors les principales conclusions d’une étude portant sur l’avenir de l’impôt foncier à l’ère de l’économie numérique. Cette étude révèle entre autres que l’impôt foncier occupe maintenant une part inégalée (et préoccupante) de près de 70 % des revenus municipaux.

En gros, nos municipalités viennent soudainement d’arriver en 2018 et de réaliser la menace et les ravages liés à l’économie numérique. Il y a pourtant longtemps que les médias ont sonné l’alerte, sans trop émouvoir les principaux intéressés. 

Aux médias d’information traditionnels qui réclament des appuis afin de se transformer et de résister au tsunami du numérique, le monde municipal a surtout trouvé le moyen de se réjouir de l’entrée en vigueur de la loi 122 qui enlève aux municipalités l’obligation de publier leurs avis publics dans les médias écrits. 

Heureusement, plusieurs municipalités ont compris que cette pratique qui consite à diffuser des avis dans un journal papier est bien enracinée dans les habitudes des gens. Et qu’elle doit être vue davantage comme un moyen de transparence efficace et accessible pour bien informer le public plutôt que comme une dépense inutile visant à financer un journal. Face à l’assaut du numérique, les municipalités aussi devront se réinventer. Mais d’ici là, une bonne façon de consolider leurs acquis consiste à privilégier chaque fois que cela est possible les commerces qui ont pignon sur rue et qui paient des taxes chez elles. Même chose au moment des embauches. 

Pensons local. 

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