14 janvier 2016
Le Revenant : de feu et de sang
Par: Sarah Daoust Braun
20th Century Fox

20th Century Fox

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La chair saigne, brûle et renaît dans

En 1823, sous les pics enneigés et encore sauvages du centre-nord des États-Unis, des trappeurs américains, se livrant au commerce de la fourrure, voient leur campement attaqué violemment par des Arikaras, une nation amérindienne. Quelques rescapés réussissent à s’enfuir parmi lesquels Hugh Glass (Leonardo DiCaprio) et son fils Hawk, né d’une union avec une autochtone. Sur la route, Glass tombe sur une femelle grizzli qui le blesse grièvement. Supposé veiller sur lui jusqu’à sa mort, son ­équipier John Fitzgerald (Tom Hardy) l’abandonne dans la forêt tout juste après avoir tué son fils.

Inspiré d’une histoire vraie, le long-­métrage raconte l’incroyable survie de Glass dans cette nature hostile, hivernale, presque trop grandiose pour que l’homme puisse la dompter.

Alejandro Gonzalez Iñárritu dirige d’une main de maître ce western ­hyperréaliste, tourné entièrement dans des décors et un éclairage naturels. Ce choix de réalisation contribue à décupler l’intensité du film, où le spectateur suit fébrilement la quête du personnage ­principal qui cherche à venger la mort de son fils. À commencer par la scène ­d’ouverture, celle du massacre, marquée par un plan-séquence aussi horrible que prodigieux, prouvant les talents de ­metteur en scène du réalisateur de Babel.

La brutalité est d’ailleurs partout dans Le Revenant : entre les hommes et lorsque ceux-ci se mesurent à la nature, ­magnifiée par la caméra d’Emmanuel Lubezki qui alterne entre plans rapprochés et majestueux tableaux de montagnes, bois et ­rivières sous les rayons de l’aurore ou du crépuscule.

Seul bémol, le scénario, une adaptation du roman de Michael Punke The ­Revenant : A novel of revenge, qui manque d’une certaine profondeur et qui brise parfois le rythme du film par quelques longueurs. Au contraire de Birdman, qui avait étonné par son propos aussi ­audacieux que réfléchi, le long-métrage ne fait que survoler par exemple la ­question de la cohabitation avec les ­autochtones et le partage du territoire.

Heureusement, Leonardo DiCaprio offre une prestation admirable, aussi ­laconique que physique, qui traduit avec aplomb la dure réalité des trappeurs des 18e et 19e siècles en Amérique.

Le Revenant est un film saisissant, aussi violent que magnifique. Il pourrait bien rafler tous les honneurs à la prochaine cérémonie des Oscars.

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