4 juillet 2013
Le ridicule ne tue pas : malheureusement
Par: Le Courrier

Parfois, il semble que nous retirerions une certaine satisfaction si le ridicule tuait. Cependant, il ne tue pas, même pas les mauvaises habitudes, ni même les tendances à répéter les gestes inacceptables, comme ceux commis par ces sénateurs qui ont choisi d’arrondir leurs revenus en profitant du système mis à leur disposition.

Par le passé, nous avons trop souvent vu des politiciens et leurs petits amis se graisser la patte vers la fin du mandat. Cette fois-ci, il y a un peu plus de deux ans que le gouvernement conservateur est majoritaire au parlement d’Ottawa, et il exerce le pouvoir depuis sept longues années. C’est le moment choisi par certains pour passer à la caisse, même si les prochaines élections pourraient ne pas avoir lieu avant 2015. La politique est un métier ingrat où il est impossible de rallier tout le monde à ses opinions, mais une constante de l’exercice du pouvoir semble être le fait que le temps fasse son oeuvre et que les dirigeants et amis du pouvoir en viennent à prendre pour acquis leur position de force et à privilégier leurs propres intérêts plutôt que ceux de la population. Les sénateurs conservateurs sont en majorité des petits amis désignés pour les remercier de leur contribution passée au parti. Ceux-ci semblent rendus au stade où leurs intérêts personnels priment et c’est à ce moment-là que l’on voit à l’avant-scène les Patrick Brazeau, Mike Duffy, Pamela Wallin et l’ex-chef de cabinet du premier ministre, Nigel Wright. Brazeau est soupçonné d’avoir réclamé des allocations de résidence secondaire indues en plus d’être poursuivi pour comportement inadéquat envers une ex-conjointe. Pamela Wallin aurait reçu des frais de déplacement supérieurs à 321 000 $ et certaines de ces dépenses seraient douteuses. Duffy aurait réclamé et reçu 90 000 $ à titre d’allocation de résidence secondaire non justifiée. Nigel Wright jusque là chef de cabinet du premier ministre Harper aurait versé une aide financière à Duffy pour lui permettre de rembourser la somme due et ensuite étouffer l’affaire. Ceci a d’ailleurs entraîné des démissions en chaîne. Or, Stephen Harper utilise maintenant la stratégie de l’ex-maire Gérald Tremblay en disant qu’il n’était pas au courant de l’histoire Wright-Duffy qui s’est pourtant déroulée dans l’antichambre de son bureau. Apparemment, il y a du sable « bitumineux » dans l’engrenage des rouages de la haute direction du gouvernement canadien. Dormirons-nous au gaz jusqu’en 2015? Les sénateurs eux ne dorment pas.

Gaétan Couture Retraité de l’enseignement et du monde des affaires

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