26 janvier 2012
Le secret
Par: Pierre Bornais

À juste titre, une large partie de la population de la région éprouve une méfiance profonde – et c’est peu dire – à l’endroit de tout ce qui touche l’exploitation éventuelle des gaz de schiste.

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À juste titre, une large partie de la population de la région éprouve une méfiance profonde – et c’est peu dire – à l’endroit de tout ce qui touche l’exploitation éventuelle des gaz de schiste.

Il en sera ainsi tant et aussi longtemps que la transparence la plus totale ne sera pas la règle, aussi bien dans l’industrie qu’au gouvernement. Ce dernier en effet clame haut et fort qu’il ne prendra aucun risque en ce qui a trait à la sécurité de la population. Il laisse aussi entendre que ce sont dans les faits les recommandations du comité d’étude qui établiront les balises de toute exploitation. Bien sûr, il aura le dernier mot, mais en se basant sur quels intérêts? Est-ce à dire que l’on tiendra pour acquis par exemple certaines façons de faire qui ont cours dans l’industrie, même si elles sont maintenues secrètes? Ce n’est là qu’un des points d’interrogation parmi tant d’autres. Et pas le moindre! À ce jour, le cocktail des produits utilisés lors des forages appartient encore, à une ou deux exceptions près, au secret industriel que les entreprises protègent jalousement. Si ceux-ci sont aussi inoffensifs qu’on le prétend, aujourd’hui et pour l’avenir, pourquoi ne pas opter pour la transparence et en divulguer la liste? Tant et aussi longtemps qu’il en sera ainsi, le nombre d’opposants ira en augmentant et, à terme, ce ne sera pas qu’une question de recommandations d’un comité, voire même d’une politique gouvernementale, mais bien d’intérêt public.Le refus d’accès à la propriété qui prend de l’ampleur dans la société québécoise est un signe manifeste que l’enjeu déborde celui de l’exploitation des « ressources naturelles » et que ceux et celles qui ne l’acceptent pas à sa juste valeur devront en payer le prix fort. C’est écrit dans le ciel! -30-

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