13 décembre 2018
Meurtres de Martin Bélair et Nancy Beaulieu
Le sort de Yergeau entre les mains du jury
Par: Olivier Dénommée

Le jury doit encore s’entendre sur le rôle exact de Francis Yergeau (au centre) dans la mort de Nancy Beaulieu et de Martin Bélair, assassinés en 2015. Photothèque | Le Courrier ©

Le premier procès en lien avec les morts de Martin Bélair, copropriétaire du bar de danseuses nues Cabaret Flamingo, et de Nancy Beaulieu, gérante de l’établissement, tire à sa fin : le jury est actuellement en délibération pour déterminer si l’accusé, le Valois Francis Yergeau, est coupable des accusations de meurtres au premier degré auxquelles il fait face.

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Lundi, les avocats ont présenté leurs plaidoiries finales au jury. La défense, représentée par Me Mathieu Rondeau-Poissant, ne prétend pas que l’accusé n’a pas participé au plan qui a mené à la mort des victimes, mais croit qu’il a été mis devant le fait accompli en découvrant les deux cadavres à la cimenterie Groupe MBM le 6 janvier 2015. Selon l’avocat, la déclaration faite à l’enquêteur Daniel Fortin le 18 mai 2016 était fausse et a été faite dans le but de « plaire » au policier.

Comme Francis Yergeau était un pantin de son complice allégué, la défense croit qu’il n’était pas au courant du plan de tuer M. Bélair et Mme Beaulieu et qu’il doit être déclaré non coupable pour les deux chefs d’accusation, même s’il a aidé par la suite à disposer des corps.

La Couronne ne partage pas du tout l’interprétation que fait la défense quant à l’implication de Francis Yergeau dans les deux meurtres. Me Sandra Bilodeau a grandement remis en question les contradictions dans les différentes versions de l’accusé et les explications qu’il a fournies pour expliquer pourquoi il aurait menti à l’enquêteur. « Il ne comprend pas son propre raisonnement. Et vous, est-ce que vous le comprenez? », a-t-elle demandé de façon rhétorique au jury.

Des partenaires

La procureure doute de la version affirmant que l’achat de l’arme du crime, un fusil à pompe de calibre 12, le 27 décembre 2014 et ceux de la corde et des draps, quelques heures avant les deux meurtres le 6 janvier 2015, soit un simple « concours de circonstances ». Elle doute aussi que Yergeau était présent pour tous ces achats avec son complice allégué par hasard. Me Bilodeau croit qu’il y était parce que c’était aussi « son projet » qui se concrétisait. Alors que l’accusé a souvent parlé de « contingentement » dans son témoignage pour expliquer qu’il évitait de poser des questions à son complice et ami, la procureure estime qu’il s’agit plutôt d’un « partenariat » puisque les deux étaient toujours ensemble, travaillant au même endroit et se fréquentant régulièrement dans leurs temps libres. Elle espère convaincre le jury de déclarer l’accusé coupable des meurtres au premier degré.

Quatre scénarios possibles

Le jury, composé de sept femmes et cinq hommes, délibère depuis mardi midi pour décider du sort de Francis Yergeau. Le juge Daniel Royer a remis ses directives finales et retient quatre décisions possibles. Les jurés devront s’entendre unanimement sur chaque chef d’accusation pour déclarer l’accusé non coupable, coupable de meurtre au premier degré, coupable de meurtre au deuxième degré ou coupable d’homicide involontaire. S’il est reconnu coupable sur toute la ligne, Francis Yergeau pourrait être condamné à la prison à perpétuité sans possibilité de libération avant 25 ans.

Au moment de mettre sous presse, le verdict n’était pas encore rendu. Quant au sujet du complice allégué de Francis Yergeau, dont il a été abondamment question durant le procès, il subira lui-même son procès dans les premiers mois de 2019.

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