19 janvier 2017
L’UdeM rabrouée en cour
Le syndicat n’en restera pas là
Par: Rémi Léonard
Pour l’instant, la session d’hiver se déroule dans des circonstances beaucoup plus calmes que la fin de l’année 2016. Le syndicat et l’employeur n’ont appliqué aucun moyen de pression jusqu’ici. Photothèque | Le Courrier ©

Pour l’instant, la session d’hiver se déroule dans des circonstances beaucoup plus calmes que la fin de l’année 2016. Le syndicat et l’employeur n’ont appliqué aucun moyen de pression jusqu’ici. Photothèque | Le Courrier ©

Fort d’avoir obtenu gain de cause lors d’une première manche devant les tribunaux, le Syndicat des professeurs et professeures de l’Université de Montréal (SGPUM) envisage maintenant d’obtenir réparation pour le lock-out déclenché par la direction de l’Université avant les Fêtes.

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C’est en effet le syndicat qui a compensé pour les salaires qui n’ont pas été versés durant ce lock-out à durée indéterminée, qui a finalement pris fin le 2 janvier, a indiqué le président du SGPUM, Jean Portugais. Il juge la tactique totalement injustifiée puisque la direction a déclenché et levé le lock-out sans imposer aucune condition, alors qu’il s’agit normalement d’un « outil de dernier recours ».

Le fait que la période du moyen de pression patronal corresponde aux congés des Fêtes pousse aussi le syndicat à dire que l’intention était uniquement de punir les cliniciens. Ils avaient de leur côté tenu des grèves sporadiques à l’automne pour dénoncer l’impasse dans les négociations (six journées et demie selon le syndicat, neuf selon l’Université).

Jean Portugais n’hésite pas à parler d’une « forme d’intimidation » de la part de l’employeur, dont le comportement « rappelle celui du duplessisme », a-t-il accusé. Après avoir été « ébranlés » par cet épisode, ses membres se sont dits « écœurés de l’attitude de l’Université qui témoigne d’un manque de respect à leur égard », à en croire le président du syndicat.

Il a tenu à souligner le professionnalisme de la cinquantaine de cliniciens, qui ont continué d’assurer une certaine garde pour délivrer des soins vétérinaires d’urgence pendant les jours de grève, et même pendant le lock-out, alors qu’ils n’y étaient pas tenu.

Les courriels aussi font la grève

L’ordonnance n’abordait pas directement la légitimité du lock-out puisque le fond du conflit n’a pas encore été présenté en cour. La décision fait toutefois état, en plus des communications de l’Université (voir autre texte), de la question des adresses courriel de ses employés.

Lors du conflit, celles-ci ont été bloquées à certains moments par l’Université, puisque les employés ne sont pas sensés avoir accès à leurs locaux et à leurs « outils de travail » lorsqu’ils sont en grève, a expliqué Geneviève O’Meara, conseillère principale aux relations avec les médias à l’Université de Montréal.

Le syndicat affirmait cependant que les adresses n’ont pas été rétablies assez rapidement et que certains courriels ont été perdus dans le processus, ce qui perturbait le travail régulier des cliniciens.

Les parties ont toutefois réussi à s’entendre sur la question avant que la juge administrative ne se prononce. L’Université s’est engagée à ne pas bloquer les adresses courriel des employés « en dehors des journées de grève ou de lock-out » et à ne pas bloquer ou filtrer l’adresse institutionnelle du syndicat.

Si ce dossier semble réglé, la question du statut des cliniciens, au cœur du litige, subsiste toujours. Sans accord négocié entre les parties, ce qui semble de plus en plus improbable, les conditions de cette première convention collective pourraient bien être décidées en arbitrage. 

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