17 septembre 2015
Rue des Cascades
Le terrain vacant revendu 400 000 $
Par: Le Courrier
Le terrain vacant revendu 400 000 $

Le terrain vacant revendu 400 000 $

Le terrain vacant situé en face de Marché public vient encore de changer de mains. Photothèque | Le Courrier ©

Le terrain vacant situé en face de Marché public vient encore de changer de mains. Photothèque | Le Courrier ©

Pendant qu’à Saint-Hyacinthe, on continue de chercher la meilleure façon d’exploiter le terrain vague qui se trouve à l’angle des rues des Cascades et Saint-Denis, voilà qu’il vient à nouveau de gagner en valeur, et de manière assez substantielle.

Le citoyen de Saint-Léonard qui l’avait ­acquis en 2012 pour la somme de 240 000 $, Joe Lanni, de la firme Arona Construction, vient de le céder à une compagnie à numéro représentée par un résident de Dorval, Antonio Merulla, à un prix de 400 000 $. Ce terrain d’une superficie de 935,5 m2 est évalué à 151 000 $ par la Ville de Saint-Hyacinthe. La transaction a été conclue à Montréal devant le notaire ­Bruno Burrogano, le 4 septembre.

La nouvelle a pris totalement par ­surprise la conseillère du district ­Cascades, Sylvie Adam. Elle fondait de grands espoirs sur le projet d’agora imaginé par la Société de développement du centre-ville (SDC) pour une utilisation du terrain en lien avec le Marché public, situé juste en face.

« Il a été vendu 400 000 $? C’est beaucoup de sous, ça, et il n’y a rien de construit ­encore. Je ne m’attendais pas à ça. La SDC pensait faire une offre d’achat pour ce terrain; c’était un très bel endroit pour faire notre Place du Marché. Je suis sans mot », a-t-elle confié au COURRIER, manifestement déçue de la tournure des événements.

Elle croit que toute l’attention qui a été donnée à cet emplacement au cours de l’été a pu raviver l’intérêt d’acheteurs ­potentiels. Le 16 juillet, LE COURRIER avait d’abord dévoilé le projet de stationnement couvert imaginé par le designer Marcel McDermott pour redonner vie au site. Puis, la semaine suivante, le directeur général de la SDC, Simon Cusson, avait répliqué en présentant dans nos pages la Place du Marché, un concept de lieu public intégrant une scène pour la présentation de spectacles et de prestations diverses. Ces deux projets avaient été préalablement présentés aux autorités municipales, mais sans qu’elles ­manifestent par la suite un quelconque intérêt pour ce terrain vague qui dépare le centre-ville depuis plus de 13 ans.

La Ville a toujours attendu qu’une ­initiative visant la mise en valeur de ce ­terrain émane du secteur privé. Elle a bien cru que sa stratégie avait porté fruit lorsque, le 10 février 2012, Joe Lanni a présenté au Marché public les esquisses d’un projet immobilier de 6,5 M$ ­comprenant quatre étages résidentiels et des espaces commerciaux au rez-de-chaussée. Mais le projet n’a jamais levé et le promoteur s’est résolu à remettre en vente le terrain que lui avait cédé ­Mauro Barone à l’automne 2011. Le ­mandat qu’il avait confié à Via Capitale Affaires à ce sujet était expiré depuis environ un mois lorsqu’il a trouvé son acheteur.

Pierre Solis, de Via Capitale Affaires, considère que le montant de 400 000 $ auquel s’est conclue la transaction n’est pas exagéré. « Avec les années qui passent, les taxes qui augmentent et tout le reste, on en arrive à ces prix-là », estime-t-il.

Cela dit, M. Solis considère que la Ville aurait pu faire davantage pour trouver une façon de bien exploiter cet espace stratégique. « Si la Ville a les moyens de donner 23 M$ à Bibeau (Centres d’achats Beauward) pour un centre des congrès qui sera construit sur un terrain qui ne lui appartiendra même pas, elle devrait être capable de mettre quelques 100 000 $ pour acquérir un site aussi important au centre-ville. Il y a de la pression pour que la Ville fasse quelque chose dans ce ­dossier-là, mais ça ne bouge pas, il ne se prend pas de décision à la Ville. Je ne blâme pas seulement le conseil actuel, mais ceux des 13 ou 14 dernières années », a-t-il ajouté.

LE COURRIER a tenté de joindre le nouveau propriétaire de l’immeuble, mais ­Antonio Merulla n’a pas répondu au m­essage téléphonique qui lui a été laissé. On ignore donc ce qu’il entend faire de ce site devenu vacant à la suite de l’incendie qui a rasé l’édifice Cusson le 1er janvier 2002.

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