21 mai 2015
Le train de banlieue  en quelques rebondissements
Par: Le Courrier
L’ouverture de la gare de Mont-Saint-Hilaire à l’automne 2002. Photothèque | Le Courrier ©

L’ouverture de la gare de Mont-Saint-Hilaire à l’automne 2002. Photothèque | Le Courrier ©

En juin 2005, malgré les pressions des gens d’affaires maskoutains, l’AMT avait une première fois dégonflé les attentes des Maskoutains en présentant les résultats d’une analyse défavorable au projet. Photothèque | Le Courrier ©

En juin 2005, malgré les pressions des gens d’affaires maskoutains, l’AMT avait une première fois dégonflé les attentes des Maskoutains en présentant les résultats d’une analyse défavorable au projet. Photothèque | Le Courrier ©

Le maire Claude Bernier en discussion avec Michel Veilleux et Claude Dorval, représentants de l’AMT, en février 2009. Photothèque | Le Courrier ©

Le maire Claude Bernier en discussion avec Michel Veilleux et Claude Dorval, représentants de l’AMT, en février 2009. Photothèque | Le Courrier ©

La Chambre de commerce et de l’industrie frappe un grand coup en janvier 2012 en lançant la campagne J’embarque dans le train. Photothèque | Le Courrier ©

La Chambre de commerce et de l’industrie frappe un grand coup en janvier 2012 en lançant la campagne J’embarque dans le train. Photothèque | Le Courrier ©

L’heure est à l’optimisme à l’été 2013. L’AMT plie sous les pressions politiques et accepte de financer deux études sur l’achalandage et la faisabilité de prolonger son réseau de train de banlieue vers Saint-Hyacinthe. Photothèque | Le Courrier ©

L’heure est à l’optimisme à l’été 2013. L’AMT plie sous les pressions politiques et accepte de financer deux études sur l’achalandage et la faisabilité de prolonger son réseau de train de banlieue vers Saint-Hyacinthe. Photothèque | Le Courrier ©

Le candidat à la mairie de Saint-Hyacinthe Claude Corbeil a accordé beaucoup de place au train de banlieue, en route vers son élection de novembre 2013. Photothèque | Le Courrier ©

Le candidat à la mairie de Saint-Hyacinthe Claude Corbeil a accordé beaucoup de place au train de banlieue, en route vers son élection de novembre 2013. Photothèque | Le Courrier ©

Le candidat à la mairie de Saint-Hyacinthe Claude Corbeil a accordé beaucoup de place au train de banlieue, en route vers son élection de novembre 2013. Photothèque | Le Courrier ©

Le candidat à la mairie de Saint-Hyacinthe Claude Corbeil a accordé beaucoup de place au train de banlieue, en route vers son élection de novembre 2013. Photothèque | Le Courrier ©

Le dossier du prolongement du train de banlieue vers Saint-Hyacinthe a fait couler beaucoup d’encre au cours des dernières années. La publication d’une étude aux conclusions négatives par l’Agence métropolitaine des transports est le tout dernier rebondissement d’une longue saga maskoutaine. Rappel de quelques faits saillants et déclarations savoureuses retrouvés dans les archives du COURRIER.

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Juillet 1988

L’idée d’un train de banlieue vers la Rive-Sud est évoquée dans une étude du ministère des Transports du Québec. Deux variantes ont été étudiées pour le train de banlieue. La première situe le point de départ de Saint-Bruno; la seconde d’Otterburn Park. On en parle comme d’une alternative à la liaison ferroviaire entre Saint-Hilaire et Montréal du Canadien National (CN) dont la fermeture est anticipée.

Septembre 1988

Faute de consensus, le train Montréal-Saint-Hilaire opéré par le CN a effectué son dernier voyage, titre LE COURRIER. Le maire de Saint-Hyacinthe, Clément Rhéaume, a fait savoir que son administration n’était pas disposée à assumer une part du déficit d’opération du train Montréal-Saint-Hilaire. Pour M. Rhéaume, il n’était pas question de payer 14 500 $ sans recevoir de service en retour.

Septembre 1999

La Ville de Saint-Hyacinthe accepte de participer financièrement au projet de train de banlieue de la Rive-Sud, qui devrait lui coûter autour de 80 000 $ par année à compter de 2001. « Nous avons des citoyens qui empruntent présentement l’autobus tous les matins pour se rendre à Montréal. Et nous sommes convaincus que, une fois le projet mis en place, ils se rendront à la gare de Mont-Saint-Hilaire pour utiliser le train vers le centre-ville », a justifié le maire Claude Bernier. Selon les chiffres du CIT, seulement 60 personnes de Saint-Hyacinthe prendraient l’autobus pour le centre-ville. Pour les deux Sainte-Madeleine (village et paroisse), on parle d’une facture de 9 000 $.

Janvier 2002

Prévue pour l’automne 2001, l’ouverture de la gare de Mont-Saint-Hilaire a finalement été repoussée d’un an, à l’automne 2002. Pour quatre moins d’opérations, on situe la contribution de Saint-Hyacinthe à 52 000 $, sur une facture de 65 000 $, le reste étant assumé par les deux Sainte-Madeleine.

Septembre 2002

La gare de Mont-Saint-Hilaire, aménagée sur le site de l’ancienne raffinerie de sucre, est en marche.

Janvier 2003

« Selon les chiffres que j’ai fait sortir, il en coûterait au bas mot 1,3 M$ à la municipalité pour avoir le train de banlieue jusque chez nous. Ça fait donc beaucoup, beaucoup d’argent par rapport à ce que l’on paie présentement (190 000 $ par année pour le service vers Saint-Hilaire », a commenté le maire Bernier, en précisant que l’adhésion de la Ville à l’AMT serait obligatoire.

Février 2003

Le train de banlieue, le prochain combat de la Chambre de commerce, titre LE COURRIER. « À partir de maintenant, nous devons fouiller ce dossier, affirme le directeur général de la Chambre, Jean-Marie Pelletier, même si d’après les premiers échos que nous recevons de la Ville de Saint-Hyacinthe, ils seront difficiles à convaincre puisqu’ils regardent surtout la question financière. » La facture que doit assumer la Ville de Saint-Hyacinthe uniquement pour le train de banlieue de Saint-Hilaire s’élève déjà à 200 000 $ par année. L’Agence métropolitaine de transport affirme de son côté qu’un prolongement vers Saint-Hyacinthe n’est pas dans ses priorités. Le maire Bernier mentionne pour sa part « qu’on devra nous convaincre qu’il y a des usagers pour la peine ».

Décembre 2003

« Nous avons demandé à l’AMT de réaliser une étude de faisabilité pour le train de banlieue. À l’intérieur de l’étude, nous voulons savoir ce que ça exigera au niveau de l’immobilisation ainsi qu’en opération annuelle. À partir de ces chiffres, nous prendrons une décision », annonce le maire Bernier.

Septembre 2004

On annonce la réalisation d’une étude de faisabilité coordonnée par l’AMT pour le train de banlieue jusqu’à Saint-Hyacinthe. Il est question d’une étude de 90 000 $, défrayée à 50 % par le conseil intermunicipal de la Vallée-du-Richelieu. Le reste sera assumé par les gens d’affaires du milieu maskoutain ou la Ville de Saint-Hyacinthe. Les conclusions sont d’abord attendues pour le mois de novembre, puis mai 2005. « Lorsque nous sommes rendus à une étude de faisabi-lité, ça dépasse le simple intérêt. On croit que ce projet est réalisable, mais on ne veut surtout pas agir aveuglément », souligne le porte-parole de la chambre de commerce locale, Jean-Marie Pelletier.

Juin 2005

Train de banlieue : un projet mort-né, titre LE COURRIER. À la suite de l’étude de marché, l’AMT en arrive à la conclusion qu’il n’y a pas un bon potentiel de développement de son réseau vers Saint-Hyacinthe. On estime que seulement 111 Maskoutains prennent tous les jours le train de banlieue à Mont-Saint-Hilaire et que le prolongement n’en ajouterait qu’une soixantaine à court terme. La rentabilité du service est fixée à entre 400 et 500 usagers potentiels. « Je pense que la réalité a parlé (…) ça ferme le dossier et je ne pense pas que l’on doive poursuivre les études », a résumé le maire Bernier. La facture pour le prolongement a été estimée à 8 M$ pour la Ville de Saint-Hyacinthe. « On réalise qu’économiquement, il s’agit d’un projet non rentable. Il y aurait eu une mauvaise utilisation des taxes si on avait été dans cette direction. Ce n’est pas possible ces années-ci », d’ajouter le maire de Saint-Hyacinthe.

Mai 2008

La Chambre de commerce remet le dossier du train de banlieue à l’ordre du jour, mais se tire dans le pied. Un conférencier devant les gens d’affaires locaux exprime de gros bémols sur l’attrait et les retombées du train de banlieue pour une ville comme Saint-Hyacinthe. « Je ne veux pas prendre la décision à votre place, mais à mon avis vous êtes dans une situation idyllique. Le train de banlieue est à votre porte, à Mont-Saint-Hilaire, mais vous n’avez pas les contraintes de faire partie de la structure », a exprimé Sébastien Gagnon, de la firme CEB.

Juin 2008

La Chambre de commerce persiste et signe avec le train de banlieue en écrivant directement au maire Claude Bernier. « L’abandon de ce projet va à l’encontre de toute vision de développement économique de la région. » Un comité de travail est formé au sein de la Chambre de commerce, malgré l’enthousiasme modéré de ses membres sur la question du train de banlieue.

Février 2009

À défaut d’un train à la porte, les Maskoutains se font offrir un service de navette pour rejoindre plus rapidement la gare de Mont-Saint-Hilaire. De passage à Saint-Hyacinthe, des représentants de l’AMT chiffrent à 30,1 M$ les frais associés au prolongement de la ligne de Mont-Saint-Hilaire jusqu’à Saint-Hyacinthe, et les coûts d’exploitation annuels de 1,7 M$ pour la Ville. Le dossier déraille pour un temps.

Janvier 2012

Le projet de train de banlieue est remis sur les rails. Sous la présidence de Claude Corbeil, la Chambre de commerce et de l’industrie Les Maskoutains lance la campagne de sensibilisation « J’embarque dans le train, à l’aube de ses états généraux. On souhaite convaincre l’AMT de prolonger le train jusqu’à Saint-Hyacinthe et d’offrir le service dans les deux directions matin et soir. « Le train est en marche, a martelé M. Corbeil. On veut avoir le train de banlieue et on va l’avoir. Si certains n’embarquent pas, ça ne nous empêchera pas d’avancer. »

Juin 2013

À l’approche des élections municipales, le projet de train de banlieue revient avec fracas dans l’actualité. L’AMT annonce qu’elle réalisera deux études, l’une sur l’achalandage et l’autre sur la faisabilité de prolonger son réseau jusqu’à Saint-Hyacinthe. Ces deux études représentent un coût total de 125 000 $ et seront financées par le ministère des Transports. « Le train de banlieue est l’un des projets que nous avons à coeur et je suis heureux de constater qu’il est sur la bonne voie. Nous avons bon espoir de voir arriver en gare le train de l’AMT », disait avec enthousiasme le maire Claude Bernier en conférence de presse. Le site Internet jappuieletrain.ca avait alors reçu l’appui de près de 4000 personnes. On racontait alors que les citoyens de la MRC des Maskoutains seraient sondés au cours de cette opération.

Automne 2013

Le dossier du train de banlieue est un enjeu électoral majeur dans la course électorale à la mairie de Saint-Hyacinthe entre Claude Corbeil, Pierre Rhéaume et Gaston Vachon. Le programme électoral du vainqueur éventuel, Claude Corbeil, le montre fièrement et deux fois plutôt qu’une à la gare de Mont-Saint-Hilaire. « Pour le développement de la municipalité et celles [sic] de la MRC, il est impératif de concrétiser le dossier du train de banlieue. J’y travaille depuis longtemps et j’y crois fermement. Le développement de notre région et de la Capitale agroalimentaire passe par ce service devenu indispensable, même essentiel. Les nouvelles générations seront attirées par ce service et la mise en place d’un terminus et d’une gare intermodale est nécessaire. »

Mai 2014

Les études de l’AMT détermineront le sort de Saint-Hyacinthe, titre LE COURRIER. Le journal s’est rendu à la rencontre du président de l’AMT, Nicolas Girard, pour faire le point sur le dossier et les études en cours. « Il faut se demander s’il y a un marché, quels sont les coûts et s’il y a une volonté du milieu, a-t-il rappelé. Ce sont trois questions auxquelles nous devons répondre. (…) Mais sans la volonté du milieu, cela ne se fera pas. »

Mai 2015

L’AMT met fin au rêve maskoutain en rendant public les résultats de son étude sur le prolongement du train de banlieue vers Saint-Hyacinthe. Achalandage limité (383 clients potentiels alors que plus du double serait nécessaire pour en assurer la rentabilité). On parle d’un déficit de 60 M$ pour la période 2015 à 2042. « En tenant compte des résultats de l’étude et de ses conclusions, l’AMT recommande donc de ne pas prioriser le projet de prolongement de la ligne Mont-Saint-Hilaire vers la ville de Saint-Hyacinthe. » Fait inusité, cette étude qui devait coûter 125 000 $ selon les prévisions de départ n’en n’aura finalement coûté que 19 662 $…

Mai 2015

Devant les conclusions de l’étude de l’AMT, le maire Claude Corbeil y va de ce commentaire : « C’est clair que ce résultat est très décevant. Je vous rappelle que nous voulons atteindre les 60 000 habitants d’ici 2020, et que le train de banlieue était pour nous un levier majeur pour y arriver. On est déçu, mais on va se virer de bord assez rapidement. Un jour, on va l’avoir le train de banlieue. Ce qu’il faut, c’est une vision et de l’ambition. »

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