21 mai 2015
Le train de banlieue, une lubie à oublier
Par: Le Courrier

Publicité
Activer le son

Ainsi, le train de banlieue ne serait pas rentable pour Saint-Hyacinthe. L’étude de l’Agence métropolitaine de transport est très claire là-dessus. Espérons que cela mettra fin à cette lubie du milieu des affaires maskoutain.

À titre de journaliste, j’ai couvert l’arrivée du train de banlieue à Mont-Saint-Hilaire. J’ai même embarqué dans le train inaugural jusqu’à Montréal. Entendons-nous, le train de banlieue est un service de transport extraordinaire : rapide, confortable, convivial. Les travailleurs du centre-ville de Montréal auraient tort de s’en passer.

Mais s’agissait-il d’une solution intéressante pour Saint-Hyacinthe? J’ai toujours pensé que non. D’abord parce que c’est une solution très coûteuse. Sommes-nous prêts à assumer cette facture année après année et à voir augmenter le prix de l’essence pour y avoir accès? Pas sûr.

La seule façon pour les villes de rentabiliser un tel invrestissement est la construction domiciliaire. À Mont-Saint-Hilaire, le quartier qui a émergé autour de la gare a accueilli plus de 1 000 unités d’habitation. Beloeil, sur le bord de l’autoroute 20, en prévoyait autant à l’époque. Mais cette possibilité est inexistante à Saint-Hyacinthe, entourée de terres agricoles que la CPTAQ dézone au compte-goutte. Sans cette condition, un train de banlieue ne peut être rentable collectivement. Point à la ligne.

Il y a toutefois un autre aspect tout aussi important : le train de banlieue est une solution faite pour la banlieue. Le train ne sert que pour transporter les résidants vers le centre-ville de Montréal et pour les ramener en fin d’après-midi. Jamais le train ne transportera les travailleurs à Saint-Hyacinthe, jamais il ne pourrait servir aux étudiants du Cégep ou pour aller magasiner en ville les fins de semaine. Le train de banlieue ne dessert que la ville de Montréal.

Dans ce genre de projet, la question qu’on doit d’abord se poser est celle-ci : quel genre de ville voulons-nous? Désirons-nous être une ville de banlieue, entièrement tournée vers Montréal, ou une ville-centre, un pôle régional qui offre emplois et services, qui attire des entreprises de toutes sortes? Personnellement, j’opte pour cette dernière vision.

Le train de banlieue n’est pas la solution miracle. Saint-Hyacinthe aurait tout intérêt à investir dans sa qualité de vie, à rendre le centre-ville plus attirant afin d’en faire un quartier « in ». Elle devrait aussi investir dans ses infrastructures routières. La circulation en ville est souvent difficile et quand on doit fermer un pont ou un viaduc, elle est particulièrement pénible.

Saint-Hyacinthe devrait se donner les moyens d’attirer les jeunes, de renforcir sa personnalité, de soutenir son patrimoine bâti, d’être une ville qui bouge. Et elle devrait aussi mettre fin à sa campagne publicitaire insipide.

Le train de banlieue était une lubie du milieu des affaires. Une idée non adaptée à une ville comme la nôtre. Il y a de meilleures façons d’investir l’argent public.

image