22 mars 2018
Québec 2018
Le train est en route
Par: Martin Bourassa
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Au cas où cela vous aurait échappé, une campagne électorale fait rage au Québec. Dans environ six mois et des poussières, les électeurs seront appelés aux urnes pour choisir un nouveau gouvernement. C’est demain matin ça.

C’est pour cela que les partis politiques s’excitent actuellement en multipliant les annonces, les propositions et les promesses de toutes sortes.

Dans une seule et même semaine, on a promis des milliards pour le tramway de Québec, une Baie James du 21e siècle avec la création de milliers d’emplois payants, un ménage dans les commissions scolaires, une réforme de la Loi sur les normes du travail avec l’ajout d’une troisième semaine de vacances payées après trois ans de services, alouette. N’en jetez plus, la cour des engagements est pleine.

Tout est bon pour se démarquer du lot et pour séduire les électeurs.

Le Parti québécois a lui aussi sorti un lapin de son chapeau quelques jours après avoir annoncé son intention de hausser la limite de vitesse sur les routes. Il y est allé d’une proposition qui risque d’intéresser tout particulièrement le maire de Saint-Hyacinthe, Claude Corbeil, en ramenant sur la table l’idée de prolonger le train de banlieue jusqu’à Saint-Hyacinthe. Il s’agit, rappelons-le, du premier grand fantasme politique de M. Corbeil, celui qui a été à l’origine de son engagement politique en 2013, avec la relance du tourisme d’affaires. Sans succès, hélas!, puisque les études bâclées de l’Agence métropolitaine de transport ont eu pour effet de tuer dans l’œuf tout espoir de voir les trains de l’AMT s’arrêter à la gare maskoutaine.

Mais voilà que le PQ, par l’entremise du chef Jean-François Lisée, vient de semer une graine d’espoir, ou de tourner le fer dans la plaie, avec son projet de « Grand déblocage ». En bref, il propose de mettre la hache dans les trains électriques du Réseau express métropolitain (REM) pour les remplacer par un réseau de tramways, d’autobus et de trains de banlieue qui se déploierait bien au-delà de Montréal et du réseau actuel. Contrairement au REM, supporté par la Caisse de dépôt et placement du Québec, son plan couvre un plus vaste territoire, donc touche davantage de comtés et d’électeurs potentiels. Politiquement parlant, c’est habile et très séduisant comme proposition, même si elle se heurte déjà à beaucoup d’hostilité à Montréal. Les opposants disent que le projet du REM est trop avancé pour le faire dérailler. On chiffre la pénalité d’une mise au rancart du REM à 1 G$. Détail qu’on adressera en temps et lieu, réplique Lisée.

Son grand déblocage a le mérite d’avoir attiré les projecteurs sur le PQ. Et il a besoin de tout l’éclairage possible s’il veut remonter dans les sondages d’ici aux élections d’octobre et scorer dans le 450.Pas certain que ce sera suffisant pour convaincre M. Corbeil de voter pour le PQ, mais gageons qu’il a pris bonne note de cet engagement. Nous aussi d’ailleurs.

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