7 juillet 2011
Le verdict
Par: Martin Bourassa

Difficile même dans un hebdomadaire régional d’échapper au sujet de l’heure : le verdict dans l’affaire Guy Turcotte. Il vient d’être déclaré non responsable criminellement du meurtre de ses deux enfants, au terme d’un procès hautement médiatisé qui n’a laissé personne indifférent. Idem pour le verdict.

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Difficile même dans un hebdomadaire régional d’échapper au sujet de l’heure : le verdict dans l’affaire Guy Turcotte. Il vient d’être déclaré non responsable criminellement du meurtre de ses deux enfants, au terme d’un procès hautement médiatisé qui n’a laissé personne indifférent. Idem pour le verdict.

Bon je ne suis pas psy, ni médecin, ni avocat, ni membre du jury. Seulement l’heureux papa de deux enfants qui gagne sa vie à écrire dans un journal et à donner son opinion sur tout et sur rien. Comme 99,9 % des gens qui commentent le verdict, je vais le faire en me basant sur ce que j’ai lu par médias interposés.Comme bien du monde, le verdict m’a surpris. Il m’a davantage étonné que scandalisé, car peu de choses arrivent à le faire avec l’âge. On s’habitue à la bêtise faut croire.J’ai quand même peine à croire que sept femmes et quatre hommes se soient entendus à l’unanimité sur ce verdict. Personnellement, je penchais en faveur de l’homicide involontaire. Vrai qu’il faut être fou pour assassiner froidement ses deux enfants à coups de couteau. Mais peut-on être juste assez fou pour faire ça, mais pas assez pour se réserver pareil traitement? Lui, on le sait, a préféré le lave-glace.Disons que son état d’aliénation mentale temporaire l’a bien servi. Tout comme les psychiatres appelés en défense et son avocat qui s’est lancé dans un plaidoyer fleuve réparti sur trois jours et demi comparativement à moins de deux heures pour le plaidoyer de la procureure de la Couronne. Celle-ci n’a visiblement pas fait le poids.J’ai comme l’impression que l’indignation populaire ne va pas s’estomper de sitôt. La suite risque de faire réagir autant que le verdict. Il faudra voir avec quelle rapidité Guy Turcotte pourra réintégrer la société et sous quelles conditions. Cela dit, la maladie mentale est un univers complexe. La nature humaine et la justice aussi. Tout cela est plus évident que jamais depuis mardi. On a l’impression que deux meurtres ont été commis et que le coupable s’en tire à bon compte. Pour l’instant du moins, il ne donne pas l’impression d’être un homme rongé par les remords et qui aura du mal à vivre avec son geste. Est-ce que ça viendra, allez donc savoir ce qui se passe dans sa tête.Bref, on comprendra facilement dans ces circonstances que pour la majorité des gens cette pénible histoire aura été dégoûtante du début à la fin.

M.B.

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