7 mai 2015
Le viaduc des soupirs
Par: Martin Bourassa
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Depuis que la décision d’aménager un ­tunnel à quatre voies dans le prolongement du boulevard Casavant a été prise à ­l’automne 2012, on avait la désagréable ­sensation que le dossier faisait du surplace.

S’il en a fait, ce n’est plus le cas, car il vient de régresser!

C’est pratiquement un retour à la case ­départ que vient d’annoncer timidement le maire Claude Corbeil, en confirmant son intention de réexaminer, à la demande du groupe des sages, l’option d’aménager un viaduc au-dessus de la voie ferrée du CN.

Encore heureux qu’il ait réaffirmé au ­passage son désaccord avec l’option d’un passage à niveau. Mais la question qui se pose est la suivante : pourquoi ce qui était techniquement non recommandable en 2012 le serait-il devenu en 2015?

On se souviendra qu’il y a environ trois ans, le conseil s’était laissé convaincre, sur la base de l’analyse d’une firme d’ingénieurs-conseils, que l’option d’un viaduc sur ­Casavant ne tenait pas la route pour des ­raisons d’ingénierie et de sécurité.

Le simple fait de remettre cette option sur la table aujourd’hui vient discréditer toute la démarche effectuée en 2012, ainsi que le ­travail des élus. Et dans l’optique où l’idée d’un viaduc ne serait pas si saugrenue que ça finalement, il est permis de se demander si on avait délibérément écarté l’option « du juste milieu » en 2012 afin de conserver deux options aux antipodes. On se disait peut-être qu’en confrontant une option estimée à 6,4 M$ (passage à niveau) à une autre de 29 M$ (tunnel) que les Maskoutains ­soucieux du niveau de leurs taxes se ­rangeraient du côté de l’option la plus ­économique. Mais surprise, les ­Maskoutains ­sondés par une firme ­spécialisée avaient majoritairement ­souscrit à l’option du ­tunnel. Mais si on leur avait soumis l’option d’un viaduc à 15 ou 18 M$, parions que cette dernière option aurait rallié la majorité.

Il est encore plus certain que l’option du passage à niveau n’aurait eu aucune chance dans une course à trois. La suite des choses s’annonce intéressante, car le maire a semé le doute solide. Ne lui reste plus qu’à aller au fond des choses et à demander une seconde opinion d’experts sur la question du viaduc. Il n’a pas trop le choix.

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