15 février 2018
Égouts à Saint-Thomas-d’Aquin
Le Ville corrige le tir… en sa faveur
Par: Rémi Léonard
Défendre les nouvelles factures à envoyer aux citoyens de Saint-Thomas-d’Aquin n’a pas été de tout repos pour le maire Claude Corbeil, le directeur général Louis Bilodeau et le directeur du service du génie Charles Laliberté. Le conseiller technique aux infrastructures de la Ville, Jocelyn Bazinet, a aussi eu maille à partir avec les citoyens. Photo François Larivière | Le Courrier ©

Défendre les nouvelles factures à envoyer aux citoyens de Saint-Thomas-d’Aquin n’a pas été de tout repos pour le maire Claude Corbeil, le directeur général Louis Bilodeau et le directeur du service du génie Charles Laliberté. Le conseiller technique aux infrastructures de la Ville, Jocelyn Bazinet, a aussi eu maille à partir avec les citoyens. Photo François Larivière | Le Courrier ©

Le partage des coûts entourant les travaux d’aqueduc et d’égouts réalisés en 2015 sur le boulevard Laframboise continue de susciter l’insatisfaction des citoyens de Saint-Thomas-d’Aquin. Après avoir contesté les factures reçues l’été dernier, ils avaient rendez-vous mardi soir avec des représentants de la Ville, dont le maire Claude Corbeil et le directeur général Louis Bilodeau, pour obtenir les chiffres corrigés.

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Ils ne s’attendaient toutefois pas à sortir de cette rencontre avec une facture encore plus importante que la première. À la lumière des erreurs de répartition relevées, certaines jouant en faveur de la Ville, d’autres en faveur des citoyens, la part des résidents a finalement atteint 1,36 M$. Il s’agit d’une hausse de 400 $ à 500 $ pour une résidence standard, a indiqué Louis Bilodeau. En excluant les entreprises et les propriétés agricoles, la facture moyenne par résidence s’élève à environ 22 000 $.
Le directeur général a attribué les erreurs survenues lors de la première facturation au relevé fourni par le consultant dans le projet, Consumaj. À l’avenir, « nous allons toujours revalider les rapports venant des firmes de consultants » pour éviter pareille situation, a-t-il mentionné.
Le conseiller technique aux infrastructures de la Ville, Jocelyn Bazinet, a pour sa part détaillé quelques facteurs qui ont eu un impact important sur le coût du projet. Une exigence du ministère de l’Environnement a, par exemple, forcé l’abaissement des conduites souterraines de quatre pieds plus creux que prévu, a-t-il évoqué. L’excavation était par ailleurs à la charge des citoyens parce qu’elle était rendue nécessaire par les travaux d’égouts et non par ceux d’aqueduc (à la charge de la Ville).
Pour réparer les terrains des résidences après les travaux, « nous avons fait une job de première qualité », a-t-il aussi vanté, en précisant qu’une couche de terre végétale a été épandue à la grandeur des terrains avant de poser la tourbe. Les travaux de surface comptent finalement pour 578 500 $, soit presque la moitié de la part des citoyens.
Le ton monte
Les représentants municipaux ont beau avoir répété plusieurs fois que les coûts à assumer par les citoyens restaient 10 % inférieurs à l’estimation initiale de 2014, cet argument n’a pas semblé convaincre les personnes présentes, qui recevront une seconde facture, à la fois corrigée et bonifiée. « Ce n’est pas à nous de payer pour les erreurs de la Ville », a lancé l’un d’eux. « Depuis le début, il y a eu un paquet de ratés dans ce projet », constatait un autre. « C’est le sixième [calcul] et ce n’est jamais les mêmes chiffres », a aussi avancé Pierre Lettre, qui a soulevé une longue liste de points contestant le partage des coûts entre la municipalité et les résidents.
Le directeur général a rappelé que cette répartition était basée sur le règlement d’emprunt du projet et qu’il n’y avait aucune possibilité d’y déroger. Il a donc informé les citoyens qu’ils recevraient leur facture d’ici la fin de la semaine et que celle-ci a été validée « trois fois plutôt qu’une ».
Continuant de contester les calculs de la Ville, les Aquinois ne semblaient toutefois pas prêts d’accepter ces nouveaux chiffres. « Ce dossier a été pénible pour tout le monde. […] Vous avez eu l’égout, maintenant il faut payer », a fini par lancer le directeur général, excédé.
Après plus de deux heures, les deux parties n’arrivaient toujours pas à s’entendre et la communication devenait de plus en plus ardue. Devant la tournure des choses, le maire a préféré mettre abruptement fin à la soirée.
Pour la Ville, le dossier est clos, mais les citoyens songent maintenant à recourir aux tribunaux pour contester une fois de plus leur facture.

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