15 octobre 2015
Le vote douteux
Par: Christian Vanasse
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Lundi matin, mon choix était fait. Bien décidé à participer au spectacle de notre monarchie constitutionnelle ­britannique uninominale à un tour, ­j’allais voter par anticipation. Mais je n’anticipais pas ce qui allait se passer une fois rendu là-bas.

J’ai pris le volant en direction du centre communautaire, la musique à tue-tête, l’air du gars qui sait ce qu’il a à faire pis qui s’en va le faire sans poser de questions. À la vue du bureau d’élection, j’ai vérifié si ma carte d’électeur était bien dans ma poche de manteau. Tout était parfait. En plus, pas grand monde dans le stationnement, dans dix ­minutes tout serait réglé et je serais de retour chez moi, tranquille, les pieds sur le pouf, la tête légère.

Je me suis garé, coupé le contact et la musique, retiré les clés, détaché ma ceinture puis… je suis resté là. Il ne se passait plus rien. Ma belle superbe s’était évaporée. J’ai remis la musique, attendu quelques minutes et pouf, ­tourmenté, je suis reparti chez moi, la tête lourde.

En me jasant le dedans et le dehors, je me suis rendu compte que je savais très bien CONTRE qui voter, dans le détail, le long, le large, l’épais pis le tranché mince, que je pourrais vous en parler pendant des heures sans même une liste en main tellement j’en ai gros sur le coeur et dans la tête, mais que je n’avais pas beaucoup de verve pour l’autre bord… pour QUI allais-je voter.

Le doute s’est emparé de moi, m’a ­sacré deux trois claques aller-retour en me suggérant fortement de refaire mes devoirs.

Probable qu’au lendemain de l’élection, comme le deux tiers des votants, je sois déçu. De l’Ontario, de l’Alberta ou de mes compatriotes, mais pas question d’être déçu de moi-même.

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