20 septembre 2018
Éditorial
Le wake-up call du grand boss
Par: Martin Bourassa

Fort heureusement, ce n’est pas tous les jours que l’éditeur du Courrier de Saint-Hyacinthe sort de sa réserve habituelle pour interpeller les élus de sa ville. Tant mieux, car cela ajoute au poids et à la pertinence de sa sortie publique du 13 septembre.

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Benoit Chartier a profité d’une annonce d’investissement pour sensibiliser les élus municipaux aux malheurs du centre-ville. À ses défis actuels.

Celui qui travaille au centre-ville depuis plus de 30 ans n’aime pas trop ce qu’il voit et entend depuis quelques mois. Il est inquiet. Inquiet devant le glissement des professionnels vers le nord de la Ville et l’attrait que représente l’ouverture du centre de congrès et du Sheraton. Un attrait qui se manifeste par l’arrivée de nouveaux et nombreux joueurs dans le décor, avec ses bons et ses moins bons côtés.

Inquiet du désintéressement graduel des consommateurs vis-à-vis les commerçants du centre-ville, un mouvement qui n’a fait que s’accélérer avec l’implantation des fameux et repoussants horodateurs. Et puisque la frénésie commerciale qui secoue les alentours des Galeries St-Hyacinthe depuis la mise en service du centre de congrès et du Sheraton n’a rien d’un feu de paille, la situation commande une intervention énergique et rapide avant que la situation ne se dégrade davantage et de façon irrémédiable.

C’est pourquoi Benoit Chartier a décidé d’y aller d’un wake-up call bien senti, question d’éveiller tous ceux et celles qui ont à cœur l’avenir du centre-ville. Sans dire que les élus sont insensibles aux malheurs qui secouent le cœur commercial de la municipalité, il constate que les actions concrètes aux effets immédiats se font attendre.
Bien entendu, nos élus ne dorment pas au gaz pour autant, c’est sûr. Eux aussi ont des yeux pour voir et des oreilles pour entendre. Ils partagent certainement les préoccupations de notre éditeur. Sans le nommer, le maire Claude Corbeil a d’ailleurs fait écho à cette sortie de M. Chartier lors de son allocution d’ouverture de la séance du conseil municipal de lundi soir. Il a rappelé les interventions projetées par la Ville dans le secteur du centre-ville en citant la rénovation du Marché public, l’ambitieuse refonte de la promenade Gérard-Côté, la transformation éventuelle du parc Casimir-Dessaulles et le développement du pôle culturel qui se traduira entre autres par le déménagement de la bibliothèque T.-A.-St-Germain et du centre d’exposition Expression.

Ces projets seront certainement de nature à revamper l’allure du centre-ville. De là à rivaliser avec des investissements de plus de 70 M$ dans le nord de la Ville et y faire accourir ou revenir des commerçants, des professionnels et des consommateurs, c’est moins évident. La réalisation de certains projets cités par le maire nécessite aussi le versement d’importantes subventions, ce qui rend l’échéancier de réalisations pour le moins imprévisible, pour ne pas dire lointain. Le problème, comme le rappelle si bien Benoit Chartier, c’est qu’il y a péril au centre-ville, maintenant. Pas dans 5 ou 10 ans.

Si la Ville tarde en effet à déployer des moyens énergiques rapidement pour appuyer les investisseurs privés du centre-ville, il ne servira pas à grand-chose de redresser la barre dans quelques années. Le mal sera fait pour longtemps.

Le maire Corbeil a laissé entendre qu’il invitait les gens qui se sentent interpellés par la situation et qui ont des idées positives à formuler à se joindre à lui.

C’est justement ce qu’a fait notre éditeur en partageant publiquement ses idées qui ont le mérite de pouvoir se réaliser dans les plus brefs délais : stationnement gratuit allongé, retrait et abandon des horodateurs, enfouissement de fils électriques, investissements dans le mobilier urbain et gratuité du transport en commun pour n’en nommer que quelques-unes. On pourrait aussi penser à supporter davantage la SDC et ses initiatives ou à donner des congés de taxes d’affaires ciblés au besoin. Ces petites actions combinées à celles envisagées à moyen ou long terme par la Ville de Saint-Hyacinthe seraient déjà un pas ÉNORME dans la bonne direction.
Mais encore faut-il les mettre en application et cesser de tergiverser.

Le moment est particulièrement bien choisi pour agir puisque c’est à l’automne que les grandes décisions se prennent dans nos municipalités avec la préparation des budgets en vue de la prochaine année. Les acteurs du centre-ville ont tout intérêt à se manifester maintenant et à embarquer avec Benoit Chartier dans la parade.

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