28 novembre 2019
L’école Raymond, un modèle à préserver
Par: Rémi Léonard

Présentée récemment dans nos pages, la nouvelle offre de service développée par la CSSH pour les écoles secondaires de la région proposait entre autres la fermeture de l’école Raymond. Nous vous présentons aujourd’hui le plaidoyer d’une mère qui se porte à la défense du modèle développé dans cette école. Photothèque | Le Courrier ©

Pourquoi changer ce qui fonctionne bien? C’est un peu la logique qui anime plusieurs intervenants de l’école secondaire Raymond depuis que sa fermeture a été évoquée au début du mois de novembre par la Commission scolaire de Saint-Hyacinthe (CSSH) dans son projet de réorganisation des écoles secondaires.

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Dès que la proposition a été présentée en séance d’information, des employés de l’établissement visé ont soulevé des interrogations sur les effets de cette décision. Impliquée en tant que parent au sein du conseil d’établissement, Marie-Andrée Cyr se questionne également à savoir pourquoi la commission scolaire en vient à couper dans ce qu’elle considère pourtant comme l’un de ses meilleurs éléments.

L’école Raymond a en effet su mettre en place une « structure particulière qui fait la différence dans la vie des jeunes et qui ne peut pas nécessairement être reproduite dans une grande école », a-t-elle plaidé en entrevue. Rappelons que l’établissement est dédié aux jeunes de 15 à 18 ans qui suivent des parcours axés sur la préparation au marché de l’emploi ou à la formation professionnelle.

Avec 160 élèves, regroupés de surcroît dans des classes plus petites, « les intervenants y connaissent chacun des élèves [et vice-versa] », met en lumière Marie-Andrée Cyr. Elle y voit un facteur de « sécurité » pour tous ces jeunes qui ont connu des difficultés dans le parcours régulier, qui, à l’évidence, ne convient pas à tous. « Au lieu d’accumuler les échecs et d’être toujours en comparaison avec les autres, cette fois, ils peuvent vivre des succès », avance-t-elle.

L’autre qualité qui fait la particularité de l’école Raymond, c’est l’accent mis par la direction sur l’accroissement des postes de professionnels qui viennent en aide aux jeunes. Avec des ratios professionnels-élèves avantageux, l’établissement concentre ainsi une expertise de qualité qu’il ne faudrait pas « disperser » dans le réseau, prévient Mme Cyr.

Problème de perception

À l’écouter, le principal problème de l’école Raymond est plutôt sa « mauvaise réputation », pourtant non fondée. En tant que mère, elle a effectivement avoué avoir d’abord eu un choc en sachant que sa fille irait à l’école Raymond, avant de voir qu’il s’agissait en fait d’un environnement où elle pouvait enfin trouver sa place. Au lieu de se débarrasser de ce modèle, on devrait plutôt le « valoriser », propose-t-elle.

Marie-Andrée Cyr assure qu’elle n’est pas contre les autres volets de la réorganisation proposée par la commission scolaire, soit l’ajout de classes spécialisées dans les autres écoles. Elle rejette par ailleurs le caractère « inclusif » de la réforme présentée puisque, même en restant dans la même école, les jeunes seraient encore séparés selon leur cheminement. « C’est de l’intégration, pas de l’inclusion », nuance-t-elle.

En regardant comment le dossier a été présenté, elle ne peut s’empêcher de penser que la commission scolaire souhaite avant tout libérer une école pour le niveau primaire plutôt que d’améliorer les services au secondaire, tel que justifié. « Je ne fais pas ça pour moi. Ma fille va bientôt terminer à Raymond. Je le fais pour les autres jeunes qui ont “mal à l’école” », a-t-elle imagé, espérant qu’ils pourront eux aussi « arriver à voir la lumière au bout du tunnel » qu’est leur cheminement scolaire grâce à un passage à l’école Raymond.

Marie-Andrée Cyr compte bien faire valoir ces arguments lors de la consultation prévue par la commission scolaire le mardi 3 décembre à 18 h 30 à la polyvalente Hyacinthe-Delorme. Et elle ne sera pas seule puisque le personnel de l’école, le comité de parents et des organismes partenaires de l’école Raymond viendront également défendre la singularité de cette école, qui est à préserver, selon eux. La décision finale doit en principe être prise par les commissaires à la fin janvier.

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