26 avril 2012
Un élève battu en pleine classe
L’école Saint-Sacrement sur la sellette
Par: Le Courrier

Les mesures mises en place pour lutter contre l’intimidation à l’école Saint-Sacrement sont-elles suffisantes? La semaine dernière, un élève de cinquième année s’est retrouvé à l’hôpital après avoir été battu par deux de ses compagnons de classe.

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Il aurait été pris à partie par deux élèves après avoir sollicité les postes informatiques pour utiliser Internet. Les deux élèves l’auraient fait trébucher. Puis, l’un des deux agresseurs l’aurait maintenu au sol en appuyant un pied sur son cou, tandis que l’autre le frappait d’un coup de dictionnaire en plein visage.Le garçon se serait alors évanoui, puis serait revenu à lui pendant qu’on rejoignait les services d’urgence.

L’élève battu en pleine classe aurait connu dans le passé sa part de démêlés avec d’autres enfants. « Mon garçon a souvent été victime d’intimidation par l’élève qui est aujourd’hui devenu la victime, a témoigné la mère d’un élève de la classe. Il trouve que c’est allé beaucoup trop loin et il dénonce ces gestes violents. Mais en même temps, il est en colère de voir la tournure des événements parce qu’il n’a jamais reçu beaucoup d’aide, lui, quand il dénonçait son agresseur. »« C’est une situation difficile à gérer pour des enfants de 10 et 11 ans, a-t-elle poursuivi. C’est comme si on avait laissé les élèves régler leurs comptes entre eux, comme si on leur avait laissé faire leur propre loi. »La jeune victime avait pu réintégrer sa classe, vendredi. Ses agresseurs ont été suspendus, le temps que l’équipe-école adopte une stratégie de réintégration sécuritaire pour tout le monde. La commission scolaire n’exclut pas la possibilité de les changer de classe ou d’école, devant l’escalade de réactions provoquées par ce grave incident. La direction de l’école est tenue de préserver la confidentialité des dossiers des élèves. On sait néanmoins que la jeune victime était l’objet d’un suivi serré de la part de l’enseignante. Or, c’est une remplaçante qui se trouvait dans la classe le jour de l’incident, ce qui aurait pu déstabiliser l’élève. « Que la victime ait provoqué d’autres élèves ou non avant que les gestes soient posés ne change rien au fait que la violence n’a pas sa place, à l’école comme ailleurs, a noté le directeur général adjoint de la CSSH, Daniel Camirand. On peut dire que la situation est complexe et qu’elle déborde le cadre de l’intimidation. L’élève a été impliqué dans plusieurs autres cas de violence auparavant. »Au cours de la fin de semaine, le Journal de Montréal révélait qu’une fillette de 9 ans qui fréquente elle aussi l’école Saint-Sacrement se fait harceler par des camarades de classe depuis le début de l’année scolaire. Elle se trouve dans un tel état de désarroi qu’elle aurait rédigé une note se terminant par : « J’aimerais qu’on me dise comment mourir ». L’école Saint-Sacrement, comme toutes les autres écoles de la CSSH, est tenue de signer une entente de convention de gestion énonçant les mesures de prévention adoptées contre l’intimidation. « L’école Saint-Sacrement est proactive en matière d’intimidation, a soutenu la régisseuse aux communications de la CSSH, Sagette Gagnon. Il y a beaucoup d’encadrement en place, plus que dans bien d’autres écoles. Mais de toute évidence, il faudra encore plus d’efforts pour s’assurer que des événements comme ceux qu’on a connus ne se reproduisent plus. Derrière chaque cas de violence ou d’intimidation, il y a toute une histoire qui est souvent beaucoup plus complexe que le geste qui est posé. » -30-

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