13 septembre 2018
Centre-ville de Saint-Hyacinthe
L’éditeur du COURRIER investit et interpelle les élus
Par: Martin Bourassa
Benoit Chartier a orchestré l’achat et la démolition de l’immeuble situé à l’arrière du siège social de DBC Communications pour consolider les activités de son entreprise au centre-ville de Saint-Hyacinthe. Il dit souhaiter que la Ville de Saint-Hyacinthe supporte concrètement ceux et celles qui, tout comme lui, ont à cœur son développement. Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©

Benoit Chartier a orchestré l’achat et la démolition de l’immeuble situé à l’arrière du siège social de DBC Communications pour consolider les activités de son entreprise au centre-ville de Saint-Hyacinthe. Il dit souhaiter que la Ville de Saint-Hyacinthe supporte concrètement ceux et celles qui, tout comme lui, ont à cœur son développement. Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©

Pour la seconde fois en cinq ans, l’éditeur du Courrier de Saint-Hyacinthe consolide ses activités en investissant une somme considérable au centre-ville de Saint-Hyacinthe.

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Mardi matin, la machinerie lourde est débarquée dans la cour arrière de l’entreprise afin d’entreprendre la démolition d’un immeuble en état de décrépitude avancée situé sur la rue Hôtel-Dieu. Il s’est affaissé en partie au premier coup de pelle mécanique.

Cet immeuble vétuste avait été acquis par M. Chartier quelques semaines auparavant et personne ne s’est opposé à sa démolition au cours du processus qui a suivi. Le comité de démolition de la Ville de Saint-Hyacinthe a autorisé le tout à la fin mai.

Grand défenseur du patrimoine maskoutain, Benoit Chartier estime que la sauvegarde du bâtiment délabré n’était pas une option, vu l’état général des lieux sur le plan structurel et sanitaire. Deux locataires ont été relocalisés vers des lieux plus adéquats avec le support et l’accompagnement de M. Chartier.

Comme ce dernier n’a rien d’un promoteur immobilier, il ne compte pas rebâtir un nouvel immeuble sur le terrain vacant. Il compte plutôt en profiter pour agrandir l’espace de stationnement réservé à son personnel et à sa clientèle. Il avait d’ailleurs fait la même chose il y a cinq ans à peine avec l’immeuble voisin du siège social de DBC Communications, sur la rue Sainte-Anne.

Cette décision tombe à point, car un important projet de reconversion immobilière touche l’autre immeuble voisin de DBC Communications, sur le terrain situé au coin des rues Sainte-Anne et Girouard et qui a abrité son lot de restaurants, dont l’ancien Pépé, Le Charbon et plus récemment Le Rouge Vif. Il sera en partie démoli pour permettre l’aménagement d’un immeuble de six logements. Ce dernier sera construit en sacrifiant le stationnement commun mis à la disposition de DBC Communications.

Cri du cœur

En tout et partout, Benoit Chartier calcule avoir dépensé plus de 700 000 $ en investissements ces dernières années pour contribuer à enrayer le problème de stationnement chronique qui affecte le centre-ville maskoutain.
« Aucun autre promoteur privé n’a fait autant que moi, constate M. Chartier. Ce n’est pas de gaieté de cœur qu’on en arrive à investir autant dans des cases de stationnement, mais je le fais pour démontrer mon attachement au centre-ville et supporter les efforts consacrés à sa revitalisation. Je fais amplement ma part, je crois. »

C’est d’ailleurs un véritable cri du cœur qu’il lance aujourd’hui en faveur du centre-ville et dans l’espoir de faire bouger les choses.

« Beaucoup d’argent et d’énergie ont été investis par la Ville de Saint-Hyacinthe récemment dans le secteur nord et c’est une bonne chose. Mais le ressac au centre-ville est bien visible. Des bureaux de professionnels ont déjà quitté et d’autres ont annoncé leur départ. Comme le monde attire le monde, on ne peut pas rester les bras croisés à ne rien faire. Il faut aider les commerçants et les restaurateurs, car notre centre-ville, c’est en quelque sorte l’âme, l’histoire et le cœur de notre communauté.»

M. Chartier ne manque pas de suggestions à l’intention des élus municipaux.

« Plusieurs rues ont manqué d’amour, à commencer justement par la rue Hôtel-Dieu entre les rues Girouard et des Cascades. Il n’y a pas qu’au nord de la ville qu’il faudrait investir dans l’enfouissement de fil et dans le mobilier urbain. Les horodateurs sont aussi un irritant majeur depuis leur implantation. Dès le premier jour, les voitures sont disparues et ne sont jamais revenues. Il se dégage une impression générale que le centre-ville a perdu de son attrait, qu’il est moins animé et couru qu’auparavant. »

Face à ce constat, la solution rapide saute aux yeux, en attendant une offensive plus structurée, lance celui qui travaille au centre-ville depuis 30 ans.

« Il serait grand temps de remiser ces appareils et d’instaurer la gratuité du stationnement au centre-ville, au minimum les deux premières heures si on souhaite quelque chose de moins radical. Mais il est urgent de faire quelque chose. »

Du même souffle, M. Chartier mentionne également que l’idée d’instaurer la gratuité du transport collectif à la grandeur du territoire mériterait d’être débattue au conseil et sur la place publique, dans l’intérêt de l’ensemble des Maskoutains.

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