19 septembre 2019
Saint-Hyacinthe
L’église Sainte-Monique passe à l’histoire
Par: Benoît Lapierre

L’abbé Jacques Bousquet dira sa dernière messe à l’église Sainte-Monique le 17 novembre. Photo François Larivière | Le Courrier ©

Une autre page de l’histoire religieuse de Saint-Hyacinthe sera bientôt tournée avec la fermeture de l’église Sainte-Monique, une toute petite chapelle qui borde le boulevard Laurier Ouest et où l’abbé Jacques Bousquet accueille toujours une cinquantaine de fidèles pour la messe du dimanche matin.

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« Le 17 novembre, le jour de la fermeture, ça fera 45 ans que je dis la messe ici. J’y ai célébré ma première messe le dimanche 17 novembre 1974 », a souligné hier, mercredi, l’abbé Bousquet en accueillant les représentants du COURRIER dans son église, un modeste bâtiment chauffé et éclairé, mais non relié aux réseaux d’aqueduc et d’égout. « Il faut prendre ses précautions. Mais les gens qui viennent à la messe ici le savent [qu’il n’y a pas de toilettes] », sourit-il.

L’abbé Bousquet se doutait bien qu’il serait le dernier prêtre à s’occuper de l’église Sainte-Monique. « J’ai maintenant 85 ans et, il y a deux ans, j’ai fait un ACV qui a laissé des traces. Je voyais venir le jour où je devrais prendre ma retraite, et ça fait un petit bout que je m’y prépare mentalement. »

C’est donc son départ qui va entraîner la fermeture de l’église, l’Évêché de Saint-Hyacinthe ayant pris la décision de mettre en vente cette propriété de 3464 m2. Elle est offerte sur le marché au prix de 630 000 $.

Jacques Bousquet souligne qu’à son arrivée à Sainte-Monique, il avait remplacé l’abbé Yvan Montpetit, qui lui-même avait succédé à Gilles Dumoulin en 1972. Il raconte que c’est l’abbé Dumoulin qui a aménagé l’église actuelle en 1963 en transformant un bâtiment existant, acquis par le diocèse pour la desserte Sainte-Monique. Cette desserte avait été créée dans la paroisse Saint-Thomas-d’Aquin au début des années 1950 pour accommoder les paroissiens de ce secteur éloigné de l’église. « Avant l’église, les messes du dimanche étaient célébrées dans la salle de l’école de rang, à quatre maisons d’ici », a poursuivi l’abbé, en pointant l’édifice en question.

À ses débuts à Sainte-Monique, il célébrait quatre messes la fin de semaine, une le samedi soir et trois le dimanche matin. Il y a aussi béni quelques mariages, mais comme il n’y avait pas de registres paroissiaux à Sainte-Monique, les nouveaux époux devaient se rendre à Saint-Thomas-d’Aquin pour la signature des actes nuptiaux. La chapelle a aussi possédé un piano, dont jouaient les jeunes musiciens qui animaient la messe dans les 1980. En 1981, la foudre a lourdement endommagé le clocher de Sainte-Monique, qui a pu conserver sa cloche, mais sans qu’elle puisse être actionnée par la suite, se remémore encore Jacques Bousquet.

Les habitués de la messe à Sainte-Monique savent depuis janvier que la fin des beaux jours approche. « Ils sont déçus, mais d’un autre côté, ils savaient bien que ça allait arriver tôt ou tard », soupire celui qui a fait office de curé à Sainte-Monique durant 45 ans, tout en s’occupant de la pastorale sociale du diocèse (1972 à 1984) et du pénitencier de Cowansville (1985 à 1997). D’ailleurs, l’abbé Bousquet n’est pas peu fier de ce qu’il a accompli dans son église durant tout ce temps.

« À longueur d‘année, à tous les dimanches et pendant 45 ans, parler au même monde sans jamais leur répéter la même chose, ce n’est pas un défi ordinaire! », s’exclame le pasteur.

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