18 mars 2021
Relance du sport
L’entraîneur-chef des Gaulois lance un cri du cœur
Par: Maxime Prévost Durand

Marc-André Ronda dénonce le statu quo dans lequel sont toujours plongés les programmes sport-études malgré l’annonce d’une première phase de relance du milieu sportif. Photo François Larivière | Le Courrier ©

Amertume. Incompréhension. L’entraîneur-chef des Gaulois de Saint-Hyacinthe, Marc-André Ronda, digère mal le point de presse offert par la ministre Isabelle Charest concernant la relance du sport, qui ne permet toujours pas d’allégement des mesures pour les programmes sport-études malgré une situation nettement améliorée entourant la COVID-19.

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« Ça ne fait pas de sens », s’insurge-t-il en entrevue avec LE COURRIER, allant même jusqu’à sous-entendre que cette décision « ne démontre aucun travail de réflexion approfondie ».

Ses attentes n’étaient pourtant pas très élevées. Il était bien conscient qu’on n’annoncerait pas le début d’une saison dans la ligue de hockey midget AAA. Mais il espérait néanmoins pouvoir faire un pas devant après cinq mois de statu quo.

« Pourquoi on ne pourrait pas faire des matchs intraéquipes, sans contact, à trois contre trois, se questionne Marc-André Ronda, dans un cri du cœur. Permettez-nous de faire un pas en avant, sinon expliquez-nous clairement [quelles sont les raisons qui ne le permettent pas]. »

Contrairement aux équipes de hockey civil, dont les activités sont suspendues depuis la mi-octobre, les Gaulois ont toujours pu poursuivre leurs entraînements, sauf durant une courte période avant les Fêtes, puisqu’ils font partie d’un programme sport-études. Des mesures strictes ont été mises en place depuis la rentrée scolaire et les entraînements se font seulement entre joueurs d’une même classe-bulle, avec le maintien de la distanciation même sur la patinoire. C’est ainsi depuis la mi-octobre. Si la situation entourant la COVID-19 a évolué favorablement depuis plusieurs semaines, les effets positifs se font toujours attendre pour le sport étudiant, se désole-t-il.

« C’était correct de s’entraîner quand il y avait 3000 cas, et là, il y a 500 cas et on doit continuer de s’entraîner de la même façon », fait remarquer l’entraîneur en cherchant la logique.

Même si les déceptions ont été nombreuses depuis le début de la pandémie, à commencer par l’annulation des séries éliminatoires et du tournoi de la Coupe Telus qui devait se tenir à Saint-Hyacinthe le printemps dernier, les membres des Gaulois s’étaient toujours montrés compréhensifs des décisions prises par le gouvernement jusque-là. « On a toujours mis nos égos et nos déceptions personnelles de côté », a souligné l’entraîneur, qui comprend bien l’importance de protéger les gens plus vulnérables et de limiter la propagation. Mais cette dernière annonce de la ministre Charest n’a visiblement pas passé.

Dans cette sortie médiatique, Marc-André Ronda précise qu’il ne le fait pas pour défendre les intérêts de la ligue de hockey midget AAA spécifiquement, mais plutôt pour soulever l’incohérence qui touche l’ensemble des programmes sport-études. Il se demande également pourquoi seulement une phase de relance sportive a été annoncée, alors que le premier ministre François Legault avait évoqué deux semaines plus tôt la présentation d’un plan de relance progressive du sport. « Ce n’est pas un plan de relance qui a été annoncé », martèle l’entraîneur des Gaulois, qui aimerait que le gouvernement cesse de « faire des accroire » aux jeunes qui ne veulent qu’une chose : pratiquer leur sport.

De son côté, le président de la ligue de hockey midget AAA , Yanick Lévesque, a indiqué au Journal de Québec que l’idée d’une saison n’était pas encore abandonnée, même si le temps commence à presser. Si elle peut débuter de quelconque façon, il y a fort à parier que le modèle de « saison » devra être revu. Quitte à « jouer contre une même équipe pendant trois semaines » pour limiter les risques sanitaires, propose Marc-André Ronda. Pourvu que les joueurs puissent disputer des matchs le plus rapidement possible, tout en demeurant sécuritaires dans leur façon de le faire.

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