11 décembre 2014
Sels et abrasifs
L’épandage réduit de moitié
Par: Benoît Lapierre
Dorénavant, les rues de Saint-Hyacinthe vont demeurer blanches une bonne partie de l’hiver. Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©

Dorénavant, les rues de Saint-Hyacinthe vont demeurer blanches une bonne partie de l’hiver. Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©

Pour des raisons tant économiques qu’écologiques, la Ville de Saint-Hyacinthe vient d’adopter une nouvelle façon d’entretenir son réseau routier en hiver : elle utilisera dorénavant beaucoup moins de sel de déglaçage.

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Les fondants et les abrasifs (pierre et sable) ne seront plus employés dans les rues dites « locales », ni dans les stationnements municipaux. L’épandage de ces produits demeurera toutefois la méthode employée pour les artères principales, les rues commerciales du centre-ville, les rues entourant les écoles et le centre hospitalier, les ponts, les côtes, les trottoirs.

« Selon l’ancienne pratique, après le déblaiement de la neige, on saupoudrait tout le territoire de façon assez généreuse avec les fondants et abrasifs. À partir de maintenant, il n’y aura plus d’épandage dans les rues résidentielles, sauf si des conditions climatiques exceptionnelles comme un verglas ou de grands froids nécessitent l’utilisation d’abrasifs », a indiqué en conférence de presse le directeur du service des Travaux publics, Yvan De Lachevrotière.

Saint-Hyacinthe rejoint donc le groupe des villes qui ont déjà effectué le virage blanc dans la gestion des fondants et abrasifs, et on retrouve parmi elles Granby, Longueuil, Sherbrooke, Victoriaville, Saguenay et Repentigny, signale la Ville dans son communiqué annonçant le grand changement.

Il est d’abord présenté comme une amélioration des pratiques au plan environnemental, ce que souligneront du reste les grandes affiches qui seront installées en ville pour avertir les automobilistes. « L’utilisation des sels de voirie est nécessaire, mais les conséquences sont lourdes pour l’environnement. Ces produits dégradent aussi les voitures et le mobilier urbain », a souligné Caroline Cormier, coordonnatrice en environnement à la Ville de Saint-Hyacinthe. Elle a rappelé qu’en vertu de la Loi canadienne sur la protection de l’environnement, les sels de voirie ont été déclarés toxiques le 1er décembre 2001, et que leur réduction s’inscrivait dans la volonté de la Ville d’intégrer la dimension environnementale au plan directeur de déneigement.

La réduction proposée va toutefois plus loin que le Plan d’action environnemental 2010-2014, lequel ne traite pas directement des sels de déglaçage.

La Ville prévoit qu’avec la mise en place de la nouvelle mesure, ses achats de sels et d’abrasifs vont fondre de moitié, ce qui générera des économies d’environ 250 000 $ par an, sur un budget d’approvisionnement de 466 000 $. « Mais c’est un chiffre conservateur. La consommation moyenne était plutôt de 550 000 $ », a précisé M. De Lachevrotière.

Des quelque 415 km de rues et chemins qui constituent le réseau routier de Saint-Hyacinthe, ce sont 300 km de rues qui ne seront plus salées après une précipitation. Du coup, les quantités de fondants et d’abrasifs employées vont chuter approximativement de 6 200 à 3 500 tonnes métriques par année. La Ville exhorte donc les automobilistes à adapter leur conduite aux nouvelles conditions routières dans les secteurs résidentiels en réduisant leur vitesse et en conservant toujours une bonne distance de freinage.

Le réseau routier maskoutain se trouve en milieu urbain à 79 %. Outre les rues elles-mêmes, la Ville entretient 141 km de trottoirs et 11 km de traverses et sentiers piétonniers, en plus des stationnements. Le déneigement est confié au secteur privé dans une proportion de 69 %, tandis que les cols bleus (31 %) s’occupent principalement du centre-ville et des secteurs La Providence et Saint-Joseph.

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