12 avril 2012
Relocalisation des organismes culturels au couvent de la Métairie
Les acteurs du centre-ville font front commun
Par: Le Courrier

Les acteurs du centre-ville se sont mobilisés cette semaine pour réclamer que la Ville de Saint-Hyacinthe fasse marche arrière dans son projet de transfert des organismes culturels au couvent de la Métairie.

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La Société de développement du centre-ville – qui pilote ce front commun réunissant les commerçants, le Centre des arts Juliette-Lassonde et les conseillers municipaux Sylvie Adam et André Beauregard – a vivement dénoncé que les élus aient rejeté leur demande d’audition en comité plénier afin de discuter de l’épineux dossier.

Dès la construction du Centre des arts Juliette-Lassonde, il était prévu que les organismes culturels maskoutains hébergés au Centre culturel seraient éventuellement déménagés dans une nouvelle construction adjacente à la salle de spectacle. Cette décision émanait de la volonté des acteurs du milieu d’établir un pôle fort de la culture au centre-ville. Toutefois, l’idée de sauvegarder le couvent de la Métairie, menacé de démolition par le Groupe Robin qui souhaitait y construire des condos, a lentement fait son chemin dans l’opinion des élus au cours de la dernière année. Portée par le conseiller de La Providence, Bernard Barré, la décision d’y déménager les organismes culturels s’est concrétisée en décembre par une entente de principe visant le rachat du couvent par la Ville de Saint-Hyacinthe.Les conseils d’administration du Centre des arts Juliette-Lassonde et de la Société de développement du centre-ville, ont sollicité une rencontre avec les élus au cours des derniers mois pour leur faire part de leurs préoccupations. Bien qu’ils ne soient pas contre la sauvegarde du couvent, les présidents Pierre Solis et Pierre Bienvenue s’inquiètent que la transfert des organismes culturels ailleurs qu’au centre-ville ne rende vaines plusieurs années d’efforts visant à établir un centre-ville commercial prospère qui intègre harmonieusement une vie culturelle stimulante. Selon eux, l’étalement culturel auquel le conseil ouvre la porte ne serait pas une solution viable. Mais les élus ont rejeté la demande d’audition, arguant qu’elle arrivait trop tard. Dans une lettre acheminée à la fin mars, le directeur général Louis Bilodeau explique que la décision de déménager les organismes culturels au couvent est bien arrêtée puisqu’elle sous-tend la démarche d’acquisition, qui est par ailleurs engagée et devrait se conclure au cours des prochaines semaines.« Dans les circonstances, il serait donc vain de rouvrir le débat alors qu’il est clos. En fait, il aurait sans doute été utile de tenir cette rencontre à la même époque l’an dernier, alors que les décisions n’étaient pas prises », poursuit le directeur dans la lettre rendue publique par la SDC.« De mémoire – et ça fait longtemps que j’œuvre au sein de la SDC – c’est la première fois que les élus municipaux refusent notre invitation à dialoguer », a noté M. Bienvenue, stupéfait devant la réponse de la Ville. Mais dans les faits, jamais la SDC ne s’est toutefois présentée devant le conseil lors des assemblées publiques alors que les élus tergiversaient encore au sujet de l’achat du couvent et du transfert des organismes culturels au cours des deux dernières années. M. Bienvenue et le président du Centre des Arts Juliette-Lassonde, Pierre Solis, se défendent toutefois d’avoir levé le bouclier trop peu trop tard. « À plusieurs occasions, on nous a dit que le plan initial serait respecté ou que la décision n’était pas prise. Nos premières démarches officielles datent d’août 2011, soit bien avant que la transaction avec le Groupe Robin ne soit conclue », a souligné M. Solis.Il faut dire que la réponse acheminée pas la Ville à la SDC laisse pantois quant à la volonté des conseillers d’assurer la vitalité du centre-ville. Dans sa missive, le directeur général étale « l’importance de poser des gestes concrets », tels que la réfection du pavage sur la rue des Cascades, la remise à niveau des lampadaires et feux de circulation, et même les mesures prises l’année dernière pour éliminer deux bars érotiques qui pouvaient nuire à l’image du centre-ville. « On pose des questions d’investissements, d’emplois, d’achalandage, de vision et on nous répond par de l’asphalte et des lampadaires. C’est du jamais vu », a conclu Pierre Bienvenue, piqué au vif.

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