18 septembre 2014
Centrale hydroélectrique
Les autorisations seront révisées
Par: Benoît Lapierre

Les conditions qui avaient été fixées en 1993 pour l’implantation d’une centrale hydroélectrique au barrage Penman’s seront révisées avant que son propriétaire, la firme Algonquin Power, obtienne le feu vert gouvernemental pour une autre période d’exploitation de 20 ans.

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Des pourparlers au sujet de la centrale et de son certificat d’autorisation auront lieu à Saint-Hyacinthe au cours de l’automne, a confirmé Richard Leblanc, directeur régional adjoint au ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MDDELCC).

« Nous allons avoir des discussions avec la Ville qui vont inclure le ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles et Pêches et Océans Canada. Ça concerne principalement trois éléments : les grillages devant les turbines, la passe migratoire à poissons et le débit réservé. Il y a peut-être des conditions qui ont changé », a indiqué M. Leblanc.

Cette révision du certificat d’autorisation initial va dans le sens de la requête que la Fondation Rivières avait adressée en décembre 2013 à Yves-François Blanchet, qui était alors ministre du Développement durable, de l’Environnement, de la Faune et des Parcs. La Fondation estime, entre autres, que le débit d’eau réservé à la rivière Yamaska à la hauteur de la centrale T.-D.-Bouchard ne devrait jamais être inférieur à sept mètres3 par seconde, tandis que le certificat de 1993 autorise un débit réservé d’à peine deux mètres3 par seconde. L’ex-député de Saint-Hyacinthe à l’Assemblée nationale, Émilien Pelletier, devait écrire à son tour à sa collègue Martine Ouellet, des Ressources naturelles, pour lui faire la même demande.

Comme le rappelaient dans leurs lettres La Fondation Rivières et Émilien Pelletier, le cas de la centrale T.-D.-Bouchard avait retenu l’attention de la Commission d’enquête Doyon (1995-1997) sur la politique d’achat par Hydro-Québec d’électricité auprès des producteurs privés. En plus de conclure que le projet de Saint-Hyacinthe avait donné lieu à plusieurs irrégularités, la Commission affirmait que le débit réservé était inadéquat et qu’il devait être augmenté.

À partir de l’été 2001, la Ville de Saint-Hyacinthe a conclu périodiquement avec Algonquin Power des ententes qui ont fait en sorte que le débit réservé a toujours été maintenu, par la suite, à sept mètres3 cubes par seconde de juillet à la mi-septembre. Ce débit réservé est devenu une nouvelle norme tacite, mais c’est la Ville qui en paie le prix : elle doit assumer les pertes financières encourues par Algonquin Power en raison de la réduction temporaire du turbinage.

Le certificat d’autorisation de 1993 prévoit que le débit réservé de deux mètres 3 par seconde peut être révisé pour des raisons fauniques, et notamment « dans l’éventualité d’une réfection ou de la construction d’une passe migratoire » pour le maintien d’un débit assurant le bon fonctionnement de cette passe. C’est précisément dans ce contexte qu’auront lieu les prochaines discussions au sujet du barrage Penman’s et de la centrale hydroélectrique.

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