9 janvier 2014
Odeurs incommodantes d'huiles usées
Les avis divergent sur Veolia
Par: Jean-Luc Lorry

Les ratés que connaît l’usine de régénération des huiles usées de Saint-Hyacinthe depuis sa mise en opération cet été sont perçus différemment par les défenseurs locaux de la cause environnementale interrogés par LE COURRIER.

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Lors de notre précédente édition, nous révélions que les odeurs incommodantes qui se dégagent depuis plusieurs mois du terrain occupé par le géant Veolia dans le parc industriel Théo-Phenix avaient fait l’objet de plaintes déposées auprès de la Ville.

« Comme président du Comité des citoyens et citoyennes pour la protection de l’environnement maskoutain, cette situation m’inquiète beaucoup, commente Jacques Tétreault. Je pense que c’est au ministère de l’Environnement de faire son travail pour rassurer la population. Avant d’ouvrir la porte en grand à Veolia, est-ce que la Ville avait fait réaliser des études d’impacts environnementaux? La question se pose. »Informé par la municipalité de la situation, le ministère de l’Environnement a exigé le mois dernier que des correctifs soient rapidement apportés pour régler le problème. Le Ministère a informé la Ville hier mercredi, que des correctifs avaient été effectués au niveau du raccordement des évents des réservoirs de produits asphaltiques à un oxydateur thermique. Ces travaux devraient corriger le tir.« On se rend compte que le processus de recyclage des huiles n’est pas au point. Je pense que ce n’est pas bon pour l’image d’une société qui se prétend soucieuse de l’environnement sur son site Web. Comme dans n’importe quelle industrie, il y a des dommages collatéraux », indique Jacques Tétreault qui est très actif dans le dossier du gaz de schiste.Celui-ci déplore aussi l’absence de transparence de la part de la direction de Veolia Canada et de son département des communications dans ce dossier. « Cela démontre l’arrogance des compagnies qui agissent hélas trop souvent comme roi et maître », souligne M. Tétreault.Depuis son élection comme conseillère du district Saint-Sacrement, Brigitte Sansoucy a fait de l’environnement son cheval de bataille.« Dans une perspective environnementale, je trouve intéressant que l’on valorise les huiles usées. Une telle usine doit exister et c’est une bonne nouvelle qu’elle soit située à Saint-Hyacinthe », estime Mme Sansoucy.Celle qui a fait partie des élus qui ont donné le feu vert à l’implantation de Veolia à Saint-Hyacinthe fait confiance à la direction de l’entreprise pour que le tir soit rapidement corrigé. « Les dirigeants de Veolia Canada n’ont pas le choix que de régler ce problème d’odeurs. Ils ont une obligation de résultat », considère la conseillère municipale.

Conformité environnementale

Au CLD les Maskoutains qui a piloté l’implantation de la future usine de recyclage d’huiles usées à Saint-Hyacinthe, la direction précise que cet industriel a obtenu un certificat de conformité environnemental délivré par le ministère de l’Environnement.

Le CLD nous a adressé un extrait du plan d’affaires de Veolia qui précise que l’entreprise doit répondre aux normes environnementales et obtenir les permis requis. « Trois aspects sont encadrés : la production (installation et exploitation), les rejets atmosphériques et les rejets aqueux », peut-on lire dans le document. Du côté de la municipalité, la division des communications et des relations publiques confirme que la Ville n’a pas réalisé d’études d’impacts environnementaux parce que les activités tenues précédemment sur le site étaient similaires à celles de Veolia et que le plan de zonage était conforme. Recyclage Maska et Écolocycle furent les entreprises qui ont précédé l’arrivée de Veolia.

Bémol chez Jefo

L’entreprise JEFO, qui est spécialisée dans les additifs non médicamenteux pour la nutrition animale, dispose d’installations situées à proximité de l’usine de recyclage des huiles usées.

La direction de JEFO assure que les odeurs qui émanent du site de l’entreprise voisin sont loin de lui causer des désagréments.« Cela sent un peu, mais ce n’est pas incommodant. Mes employés ne m’ont jamais parlé de ce problème », assure Jean-François Fontaine, directeur de la production et des achats chez JEFO.Selon lui, les odeurs d’asphalte en provenance de l’usine de Pavages Maska située elle aussi dans le parc industriel Théo-Phenix sont nettement plus incommodantes que celles de Veolia.

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