17 septembre 2015
Les bananes
Par: Christian Vanasse

La crise des migrants qui ne cesse de s’amplifier en Europe déborde ici. La vague humaine s’infiltre jusque dans les sous-sols de Roberval où notre premier ministre québécois était très fier de dire qu’il y accueillerait une famille syrienne.

Et vous?… nous demande ensuite, celui qui devrait représenter tous les Québécois et non SE représenter devant tous les Québécois. Mais bon… « Et nous » dites-vous? Collectivement, on voudrait bien. Mais quand au nom de l’austérité ce même gouvernement vient tout juste de couper dans les services d’accueil et d’intégration aux immigrants, notamment en région, on se demande bien comment.

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Je réfléchis à voix haute. Les citoyens qui quittent leur pays pour fuir la guerre deviennent des réfugiés. Mais dès qu’ils arrivent en sol étranger, ils changent de nom et deviennent des migrants cherchant de meilleures conditions de vie.

Puis, ils changent à nouveau de nom et deviennent des illégaux risquant d’abuser de nos généreux programmes sociaux et on les empêche de circuler. On les ­arrête, on les expulse et derrière eux on érige des murs, des barbelés et on place des chiens pour qu’ils ne reviennent plus. Derrière ces murs, nos gouvernements prônent le libre marché, le libre échange et que partout tombent les ­frontières économiques et tarifaires au nom de la libre circulation des marchandises et du commerce. Au nom de l’économie, les bananes circulent mieux que les ­humains.

Les réfugiés devraient tout de suite changer de nom et déclarer qu’ils sont des bananes. Ils pourraient circuler ­librement et sans entraves partout dans le monde. Si tous les humains étaient des bananes, les choses iraient bien mieux.

À condition de ne pas mettre des ­gorilles au pouvoir.

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