28 mai 2015
Les bas blancs
Par: Le Courrier
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Si vous suivez un peu l’actualité, vous connaissiez François Bugingo. LE ­spécialiste des nouvelles internationales qui allait sur le terrain, parlait aux gens, rapportait de ­troublants témoignages et… dont on ­apprend qu’il a souvent embelli la vérité quand il ne l’a pas carrément ­inventée.

Et boum! La bombe Bugingo a touché beaucoup de gens, consternés, atterrés et choqués d’avoir été trompés pendant des années et de se retrouver collectivement cocus.

Certains ont voulu le ménager parce qu’après tout, il n’a pas lancé le monde en guerre sous prétexte qu’il y avait des armes chimiques cachées en Irak, ce qui devrait ­valoir au président Bush une accusation de crime contre l’Humanité. Les mensonges de Bugingo n’ont tué personne, à part sa ­crédibilité, la seule chose qui tient un ­journaliste en vie.

Au début, on lui en a voulu, avec raison, de nous avoir bourrés. Puis, à ses patrons, pour ne pas l’avoir « vérifié », mais un jour on devra bien se regarder dans le miroir et se ­demander si nous n’avions pas aussi une part de responsabilité dans tout cela.

Récemment, le chroniqueur Richard ­Martineau, qui a pourtant joyeusement participé au lynchage public de Bugingo, parlait du mouvement étudiant sur la base d’un ­témoignage… monté de toutes pièces. Le maire Jean Tremblay lance des approximations à propos de Greenpeace trouvées sur Wikipédia… et on continue de croire ­Couillard lorsqu’il parle de ­rigueur ­budgétaire plutôt que d’austérité. J’en passe et des meilleures. Tiens, la ville ­d’Edmundston au Nouveau-Brunswick a passé un règlement municipal pour interdire les bas blancs dans les sandales.

La population s’est emportée, des ­opposants se sont organisés, la ville a été ­submergée de commentaires… encore là, c’était un canular.

Des fois, j’ai l’impression qu’on se gave d’infos comme des oies. Sans mâcher. On avale tout cuit. Pis après, on ronfle bien fort.

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