14 juin 2018
Carte blanche
Les Beaux mardis du jeudi 
Par: Christian Vanasse

Quand j’ai appris qu’on suggérait, histoire de redonner du lustre à l’illustre événement, de déplacer les Beaux mardis de Casimir le jeudi, j’ai été secoué par cette idée révolutionnaire, véritable tremblement de terre dans cette contrée plus conservatrice qu’innovatrice. 

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Un côté de mon cerveau maskoutain s’est crispé. Quoi? Changer un jour de la semaine pour un autre? Jamais vu ça! À Saint-Hyacinthe, on peut démolir tous les immeubles patrimoniaux et scrapper le passé à grands coups de bulldozeur, mais y a des traditions qu’y faut pas toucher : le mardi, c’est Casimir, le jeudi, c’est le magasinage.

L’autre côté de mon cerveau jubile. Mais justement! C’est excellent pour le centre-ville qui profitera de cette animation un soir ou justement, ses commerçants sont ouverts. Et l’été, y a pas de meilleur endroit qu’un downtown plein de monde. Plein de vie. Je propose même qu’on y ajoute une touche d’humour maskoutain, mélange d’absurde-trad : on change le jour, on garde le nom! Les Beaux mardis de Casimir, le jeudi. Viens-tu aux Mardis? C’est quand? Jeudi. Hilarant.

Mais… camarades, la révolution aura un adversaire de taille et de poids politique qui sera plus difficile encore à déplacer. Peu importe le jour, ce qui plombe les Soirées de Casimir, c’est les chaises! Même Ionesco n’aurait pas écrit de scène plus absurde que cette mer de chaises immobiles installée deux jours avant, laissant au large et en marge ceux qui veulent bouger. Cette distance entre les spectateurs et la fête est aussi décevante que recevoir une cravate à motifs à la fête des Pères.

On peut jouer à la chaise musicale avec la semaine tant qu’on veut, si on tasse pas les chaises, on pourra pas danser. 

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