9 janvier 2014
Combattre le feu à -35 °C
Les brasiers ne suffisent pas à réchauffer les pompiers
Par: Le Courrier

Malgré la récente vague de froid qui s’est abattue sur la région, les pompiers maskoutains ne sont pas restés de glace devant la chute brutale du mercure. En plus de combattre le feu, ils ont dû lutter contre des températures polaires avoisinant les -35 °C.

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En période de froid intense, le plus grand risque pour les sapeurs est les engelures. « Une bonne partie de notre travail consiste à manipuler de l’eau donc à -30 °C, ça survient rapidement [engelures] », souligne le directeur du service de sécurité incendie de Saint-Hyacinthe, Daniel Dubois.

Pour éviter que les équipes de travail s’épuisent trop rapidement, une rotation constante doit être assurée. Lorsque la température est clémente, un pompier s’active pendant 40 à 50 minutes consécutives, tandis que par temps très froid, il combat les flammes pendant 30 minutes tout au plus, indique M. Dubois. Durant l’incendie du 3 janvier, survenu au coin des rues Barrette et Claire-Vallée dans le quartier Assomption, une trentaine de pompiers ont dû être mobilisés en raison du froid extrême. Si la température avait été plus clémente, une équipe de 20 sapeurs aurait suffi. « Lorsqu’une alarme est donnée pour un incendie, le chef des opérations, après être arrivé sur les lieux, doit confirmer l’état du feu. Après cela, d’autres codes sont acheminés à la centrale pour demander de l’aide supplémentaire ou enclencher certains protocoles. Quand il fait très froid, on appelle la relève plus rapidement », explique le directeur du service de sécurité incendie. Par exemple, après trois codes, l’Association des pompiers auxiliaires de la Montérégie rejoint les pompiers au travail et leur offre de la nourriture chaude et l’occasion de se réchauffer dans des autobus.Grâce aux vêtements de protection individuelle qui composent l’uniforme du pompier, le risque de choc thermique est écarté.

Équipement glacé

Les extrémités du corps ne sont pas les seuls endroits où peuvent survenir les engelures. L’équipement utilisé pour combattre les incendies peut rapidement être mis hors d’usage par la formation de glace.

Dans les camions contenant des réserves d’eau, une dynamique circulatoire doit rapidement être créée et maintenue jusqu’à la fin de l’opération pour empêcher le liquide de geler. Toutefois, dans le cas des bornes-fontaines, l’eau qu’elles contiennent ne se fige jamais puisque la valve rejoint le système d’aqueduc, lequel est situé dans la terre, sous le niveau du gel.« Souvent, c’est après l’opération que le froid nous occasionne des problèmes. Par exemple, au bout de la grande échelle, il y a un canon qui projette de l’eau sous forme de pluie. Une fois l’incendie éteint, ce n’est pas rare que l’échelle soit gelée. Nous ne pouvons pas conduire avec une échelle de 100 pieds non rétractée », raconte Daniel Dubois. Les steamers sont alors appelés à la rescousse pour vaporiser de la vapeur d’eau chaude sur l’équipement congelé. Même chose pour les boyaux d’arrosage qui peuvent se figer en quelques minutes seulement si l’eau cesse d’y circuler. « Combattre un feu à 30 °C ou -30 °C est pire dans un cas comme dans l’autre, lâche en riant M. Dubois. Il faut mettre en place une rotation rapide et assurer des abris contre le froid ou le soleil. » Saint-Hyacinthe compte 80 pompiers, répartis dans trois casernes (Saint-Thomas-d’Aquin, Saint-Hyacinthe et Sainte-Rosalie).

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