26 septembre 2013
Projet La Métairie
Les candidats froncent les sourcils
Par: Le Courrier

D’une certaine manière, le dossier La Métairie fait l’unanimité chez les trois candidats à la mairie de Saint-Hyacinthe. Aucun d’entre eux n’est à son aise devant ce projet qui consiste à investir 8,5 millions $ dans l’ancien couvent de La Providence pour y regrouper une quinzaine d’organismes culturels.

Le report de l’ouverture des soumissions des entrepreneurs généraux – elle a été repoussée du 25 au 27 septembre, c’est-à-dire à demain matin – n’a pas aidé à dissiper leurs inquiétudes face à ce projet. Ils savent fort bien que, malgré la controverse que toute l’affaire suscite, le conseil municipal sortant pourrait donner son feu vert au projet le 30 septembre, en séance extraordinaire.

« Moi, je fais ma campagne en disant que je suis au service des citoyens. Mais pour être au service des citoyens, il faut d’abord être à leur écoute, et ce que j’entends, c’est que les gens sont préoccupés par cet investissement-là. Pourquoi vouloir bâcler ce dossier aussi rapidement quand il reste des préoccupations, des questions en suspend? », questionne Claude Corbeil.À moins que des faits nouveaux le poussent à agir, il se demande comment le conseil actuel pourrait prendre une décision éclairée lundi alors qu’il ne sait pas encore si le budget de 8,5 millions $ pourra être respecté. « Selon les informations que j’ai, on a juste une idée des coûts, on n’a pas de certitude, on attend des soumissions. Je comprends que l’estimation pourrait grimper à un point X et que si ça atteint 10 millions $, des conseillers pourraient virer de bord. »Comme lui, Gaston Vachon craint que les élus aillent de l’avant de manière précipitée avant les élections, et placent ainsi le prochain conseil devant le fait accompli.« C’est le projet le plus controversé qu’on a en ville. La grande majorité des gens ont de la difficulté avec ce dossier-là, surtout au niveau des coûts », soutient M. Vachon. Il se dit lui-même inquiet, d’abord parce qu’il n’arrive pas à saisir la pertinence du projet. « Il y a assurément une logique derrière ça, de vouloir aller installer nos gens à cet endroit, mais je ne la possède pas, cette logique-là. Il y a une partie de l’information que je ne comprends pas, ou que je n’ai pas eue, ou que j’ai peut-être mal inteprétée. Mais je ne peux pas revenir en arrière. »Dans les circonstances, il espère de tout coeur que les élus laisseront au prochain conseil la possibilité de réexaminer l’ensemble du dossier. « Comme nouveau maire, j’en serais très content. Je pourrais partir à la recherche de tous les détails, de toute l’information. Il y a sûrement une stratégie derrière ça. »Le dossier La Métairie n’est pas non plus le sujet qui anime le plus Pierre Rhéaume, en tant que candidat à la mairie. « Disons que je ne suis ni pour, ni contre ce projet. C’est très hypothétique, hautement spéculatif. »Comme il s’agit d’un projet qui appartient entièrement à l’administration Bernier, il estime que ce conseil peut légitimement prendre toute décision à son sujet, tant qu’il siégera. « Lorsqu’on est élu, c’est pour prendre des décisions. On est responsable et c’est à nous de les assumer », déclare-t-il.Mais, personnellement, il considère que le conseil s’est fixé des délais extrêmement courts, surtout dans un dossier aussi engageant sur le plan financier. « Je ne suis pas un expert en architecture, mais pourquoi, 8,5 millions $? Les gens trouvent que c’est un montant élevé, que ce soit pour un projet au centre-ville ou à la Métairie. Ce qui me préoccupe beaucoup, c’est que c’est un autre gros morceau dans les projets municipaux. Je trouve que c’est beaucoup d’argent. J’ai hâte de voir, vendredi, le résultat de l’ouverture des soumissions. »

image