23 juillet 2020
Dézonage pour Exceldor
Les carottes sont cuites
Par: Martin Bourassa

Si vous pensez qu’il reste un mince espoir de voir la Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ) autoriser le dézonage d’une terre agricole de Saint-Hyacinthe pour permettre l’implantation de l’abattoir Exceldor, c’est que vous n’avez pas lu Le Courrier la semaine dernière.

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Vous n’avez donc pas pris connaissance de l’orientation préliminaire assassine de la CPTAQ à la demande d’exclusion portée par la MRC des Maskoutains ni lu avec attention notre dossier complet sur les positions respectives des parties.

Si vous avez tout lu et que vous pensez encore qu’il reste une possibilité de voir la MRC renverser la vapeur et obtenir une décision favorable au terme du processus, alors vous êtes mûr pour devenir président du Club Optimiste Douville!

Les commissaires de la MRC n’ont pas seulement annoncé leur intention de refuser cette demande d’exclusion, ils ont varlopé sans ménagement et retenue la demande de la MRC et par extension de la Ville de Saint-Hyacinthe.

Car il faut savoir que, dans ce dossier, la MRC était revenue à la charge auprès de la CPTAQ à la demande de la ville-centre. Après avoir échoué lamentablement à convaincre l’organisme d’autoriser l’agrandissement du parc industriel Olivier-Chalifoux dans les terres agricoles le ceinturant, la Ville de Saint-Hyacinthe avait eu l’idée de repasser tout de suite la rondelle à la MRC pour une seconde tentative, au lieu de contester le premier verdict devant le Tribunal administratif du Québec (TAQ).

La présence de la MRC devait donner l’impression que la région tout entière faisait front commun derrière cette demande. Mais au final, la décision de ne pas contester le premier revers se sera retournée contre elle, bien qu’il est loin d’être dit que le TAQ ait infirmé le résultat. Quelles étaient les chances que la CPTAQ change son fusil d’épaule? Presque nulles, dans la mesure où la MRC a déposé pratiquement un copier-coller de la demande faite avant elle par la Ville de Saint-Hyacinthe.

Même demande, même superficie visée, même argumentaire ou presque, même avocat au dossier… et sans aucun doute maintenant, même résultat.

Disons que la CPTAQ n’a pas été bien impressionnée par cette tactique.

Et l’Union des producteurs agricoles de la Montérégie non plus. Celle qui avait court-circuité les espoirs de la Ville de Saint-Hyacinthe à la première occasion n’est pas restée silencieuse devant la tentative orchestrée par la MRC. Elle a haché menu l’argumentaire de la MRC et contribué à semer le doute dans l’esprit des commissaires.

Comme elle l’avait fait auparavant, elle a suggéré des alternatives moins dommageables au niveau agricole pour reloger l’usine Exceldor de Saint-Damase. Pas une option, mais plusieurs. Certaines se trouvent à Saint-Hyacinthe; d’autres dans la MRC des Maskoutains. Et elles ne semblent pas toutes farfelues.

Au lieu de perdre son temps à défendre un dossier perdu d’avance, il serait peut-être temps de mettre son énergie à la bonne place. Dans la recherche d’une solution locale ou régionale ailleurs que dans le parc Olivier-Chalifoux. Pour y arriver, encore faudra-t-il qu’Exceldor soit disposée à demeurer dans la région et se montre intéressée à un autre terrain qu’une terre agricole au bout de ce parc. Nous n’en avons pas l’assurance.

La seule certitude que nous avons, c’est que la perte d’une usine comme Exceldor sera une catastrophe économique pour la région maskoutaine, de par la nature des investissements et des emplois projetés sur 10 ans. On ne doit pas l’échapper.

On suggère donc au maire Claude Corbeil d’avoir une bonne jase avec Exceldor et même avec les gens de l’UPA de la Montérégie. Depuis le début, l’UPA semble toujours avoir une longueur d’avance sur la Ville de Saint-Hyacinthe et une meilleure connaissance du territoire que la Ville ou la MRC. Et de loin à part de ça.

Alors, au lieu de voir l’UPA comme un rival, il est peut-être temps de s’en faire un allié.

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