18 juillet 2013
Les chats de ruelle
Par: Christian Vanasse
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Parfois, c’est à vous désespérer de la vie municipale québécoise que de regarder l’actualité.

Dans les dernières semaines, on a vu des maires corrompus, menteurs, voleurs, tricheurs, pris les mains dans le sac et arrêtés par l’UPAC dans leur robe de chambre. On a vu l’ex-maire de Laval se caller des escortes au chalet pour retoucher son maquillage, en fait, non, c’est vrai lui on ne l’a pas vu… et c’est ben correct comme ça. Bref, on a vu toutes sortes de choses et pas vraiment des belles. On pourra bien se consoler en regardant du côté de Toronto pour le pire ou à Mégantic pour le meilleur, la meilleure devrais-je dire, mais ça ne consolera qu’à moitié. En plus, le maire de Huntingdon, l’inénarrable Stéphane Gendron, en a rajouté une couche sur les ondes de RadioX en avouant qu’il tuait souvent des chats avec sa grosse Mustang. Avec plaisir en plus. On peut supposer que si le chat avait été dans les bras d’un étudiant portant le carré rouge, le fougueux maire aurait reculé pour rouler dessus à nouveau. Je cabotine. À moitié. Comme Gendron sûrement… Quoique… Non. Gendron ne cabotine jamais. Il se fait une marque de commerce de ces déclarations de mâle alpha en overdose de testostérone. Il a bâti son personnage public autour de cette image de controverse, torse bombé, sourire carnassier. Ce rôle, c’est le sien. Or, il occulte un autre rôle, un premier celui-là, qui est d’être maire d’une municipalité. De représenter tous ces citoyens. Avec sa façon très personnelle de mener les choses, il ne représente qu’un seul citoyen : lui-même. J’espère, ô comme j’espère qu’un jour prochain, pourquoi pas en novembre, nous faisions table rase de ces pathétiques pitres dont l’égo s’est égaré dans un sombre repli de leur nombril.

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