26 septembre 2019
Bandes riveraines et pesticides
Les colons
Par: Martin Bourassa

Tout ce qui grouille, grenouille et se préoccupe d’environnement mettra le cap sur Montréal vendredi pour participer au grand rassemblement de la journée mondiale pour le climat. La jeune militante suédoise Greta Thunberg y sera. Mais en lisant La Presse+ en fin de semaine, je me suis dit que tout ce beau monde devrait plutôt converger vers Saint-Hugues où un drame écologique se joue présentement, selon le reportage intitulé « Pesticides : la rivière aux horreurs ».

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Au cas où elle vous aurait échappé, je vous invite à lire cette enquête de la journaliste Daphné Cameron. C’est quelque chose à lire. Ce grand reportage dresse un portrait peu reluisant de la rivière Chibouet qui serpente entre les terres de Saint-Hugues et de Sainte-Hélène et se déverse dans la Yamaska. Il renferme des données alarmantes, et surtout publiques, sur la contamination de cette rivière à partir d’analyses faites ces dernières années par le ministère de l’Environnement.

Ce reportage contient des données inquiétantes, et aussi son lot de commentaires qui le sont tout autant recueillis auprès des acteurs du milieu. Il y a ceux qui parlent du peu de collaboration des agriculteurs pour limiter l’usage de pesticides, d’autres des difficultés de faire respecter les règles entourant l’aménagement de bandes riveraines, la zone tampon entre les champs et les cours d’eau, et enfin ceux qui se cachent derrière le lobby des pesticides.

Comment vous résumer le tout simplement ? On termine la lecture du reportage et, ma foi, on se dit que les producteurs agricoles de la MRC sont des pollueurs sans vergogne. Je crois plutôt qu’ils ne sont pas différents de tous les autres ailleurs au Québec, seulement plus nombreux sur cette partie de territoire. Il y en a des responsables et d’autres moins.

J’aimerais lire une réaction de la MRC et de l’UPA de la Montérégie réclamant un meilleur encadrement des pesticides et le respect des bandes riveraines. Ou encore la reconnaissance du désastre et la mise en lumière de ce qui se fait de bon.

Qu’un intervenant de la MRC n’ait trouvé aucun exemple de bandes riveraines exemplaires et bien aménagées à présenter à la journaliste de La Presse n’a aucun sens. De belles initiatives régionales en matière d’agroenvironnement, nous en présentons pourtant tous les mois depuis deux ans dans Le Courrier, en collaboration avec la MRC des Maskoutains. Oui, il y a moyen de faire mieux et davantage en matière de lutte contre les pesticides, et nombre de producteurs de chez nous sont prêts à le reconnaître. Ce ne sont pas tous des colons. Sur les bandes riveraines tout particulièrement, de grands débats restent à faire : qui est le mieux placé pour jouer à la police verte? Les municipalités, les MRC ou encore le gouvernement du Québec? Faut-il davantage de répression ou plutôt offrir des incitatifs financiers pour faire respecter les bandes riveraines? Le bâton ou la carotte? La commission parlementaire sur les pesticides qui se déroule présentement à l’Assemblée nationale va-t-elle accoucher d’un rapport utile et percutant ou d’une brique qui finira dans la Chibouet?

Tu en penses quoi toi, Greta?

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