4 juin 2015
Les conseillers informés tardivement
Par: Benoît Lapierre

Avant d’être interrogé par un journaliste du COURRIER au sujet de Gilles Lépine, le maire Claude Corbeil n’avait pas mis les conseillers au courant de son lien de parenté avec ce promoteur intéressé au site Goodyear – E.T. Corset.

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Il n’en a informé le conseil qu’avant la séance publique de lundi. À partir de maintenant, il entend se tenir loin de ce dossier controversé, et c’est ce que bien des conseillers feraient à sa place.

« Ça, c’est propre à chacun, mais moi, j’aime mieux plus que moins », a indiqué Alain Leclerc, en parlant de la prudence qui le guide en certaines circonstances. C’est ainsi que, lundi soir, M. Leclerc a quitté la salle avant que le conseil approuve un changement de zonage qui avait été demandé par sa soeur et son beau-frère. Il avait agi de la même façon à une autre occasion, alors que le conseil allait octroyer un contrat pour la fourniture d’équipements sportifs à la suite d’un appel d’offres auquel un de ses clients avait répondu.

« Si on ne se retire pas, le blâme peut venir après. Quand j’ai suivi le cours d’éthique, on nous a bien dit que c’était à nous de décider comment il fallait agir. Le maire connaît aussi bien que moi les notions de conflit d’intérêts et d’apparence de conflit d’intérêts », signale Alain Leclerc.

Bien qu’elle fasse entièrement confiance au maire Corbeil, Sylvie Adam jouerait de prudence elle aussi, en situation délicate. « Je me retirerais, c’est sûr, parce que des gens pourraient penser qu’il y a apparence de conflit d’intérêts. Mais je suis sûre à 90 ou 95 % que M. Corbeil n’est pas en conflit d’intérêts », a-t-elle commenté.

Jacques Denis, lui, estime que Claude Corbeil a fait preuve d’une grande transparence au caucus de lundi, en mettant les conseillers au courant de son lien avec Gilles Lépine. Croit-il maintenant que le maire devrait se retirer du dossier? « Il nous a dit qu’il n’avait eu aucun contact avec son oncle, mais c’est vrai qu’au niveau des apparences, ce serait la meilleure façon d’agir. S’il ne le fait pas par lui-même (se retirer), peut-être que le conseil pourrait lui demander de le faire. »

André Beauregard abonde dans le même sens. « Le maire se prononce rarement dans un dossier. S’il fallait qu’il le fasse dans ce cas-ci, avec ce qu’il nous a dit, ce serait assez mal vu. J’ai l’impression qu’il l’a compris, et qu’il sait qu’il marche sur des oeufs. »

Cela dit, M. Beauregard se réjouit que M. Corbeil ait fait son annonce, David Bousquet aussi. « Pour maintenir le lien de confiance, c’est quelque chose qu’il devait faire. Habituellement, le maire laisse le conseil décider et dans ce cas-ci, il serait sage pour lui de ne pas se prononcer et de continuer à garder ses distances », croit M. Bousquet.

Tout comme son collègue Donald Côté, le conseiller Bernard Barré n’a pas assisté à la séance du conseil de lundi. Il se trouve à Haïti ces jours-ci pour y organiser un gala de boxe. Joint là-bas, il a expliqué qu’il n’avait pas été mis au parfum de ce qui s’était passé lundi, avant la séance du conseil. « Je suis surpris de ce que vous me dites. Effectivement, ça fait un peu bizarre (le lien du maire avec le promoteur Lépine), je vais sûrement en apprendre plus lundi prochain. Quand j’ai vu le nom de Gilles Lépine dans LE COURRIER, sur le coup, ça m’a rappelé une tête dirigeante du cégep il y a plusieurs années. Il demeurait sur la rue Girouard, je crois », a commenté M. Barré.

De fait, Gilles Lépine a été directeur des études du Cégep de Saint-Hyacinthe de 1990 à 1993, après quoi il a assumé la direction générale du Cégep Marie-Victorin de 1993 à 2003, avant de se tourner vers le monde des affaires.

LE COURRIER n’a pu joindre les cinq autres conseillers municipaux.

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