20 septembre 2018
Stationnement au centre-ville
Les démolitions toujours nécessaires?
Par: Rémi Léonard
L’enseigne du magasin Longtest a été retirée dernièrement, signe probable qu’une démolition se prépare. Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©

L’enseigne du magasin Longtest a été retirée dernièrement, signe probable qu’une démolition se prépare. Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©

Alors que la démolition des immeubles du Groupe Léveillé, acquis par la Ville de Saint-Hyacinthe en 2017, pourrait survenir cet automne, un groupe de citoyennes s’est présenté devant le conseil municipal le 4 septembre pour remettre en question la pertinence d’une telle action.

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C’est Chantal Goulet, candidate à la mairie lors des dernières élections municipales et résidente du secteur, qui a interpellé les élus au nom du groupe. « Avec tous les locaux commerciaux vacants au centre-ville, est-ce toujours nécessaire de démolir pour faire du stationnement supplémentaire? », a-t-elle demandé. Éternel sujet de discussion au centre-ville, le manque de stationnement est devenu un enjeu particulièrement criant l’an dernier avec la possibilité de l’arrivée d’un complexe Réseau Sélection sur le stationnement municipal Intact. L’achat des bâtiments appelés à être démolis par la Ville de Saint-Hyacinthe s’est d’ailleurs fait dans ce contexte.

Aujourd’hui, les circonstances sont différentes, mais le maire Corbeil maintient que le besoin se fait toujours sentir. « C’était une demande des commerçants et des résidents, a-t-il justifié. On a besoin de ces espaces-là pour amener du stationnement additionnel au centre-ville et permettre à nos commerçants de souffler. Il faut qu’il y ait de la place pour les gens qui viennent acheter et se promener au centre-ville », a expliqué le maire.

Mme Goulet a insisté dans son intervention sur le fait qu’un nouveau stationnement viendrait créer un îlot de chaleur supplémentaire dans un centre-ville déjà fortement affecté par le phénomène, qui plus est dans un contexte de réchauffement climatique. Le problème est d’autant plus inquiétant que les effets de la chaleur accablante se manifestent de manière plus aiguë auprès d’une population vulnérable, comme les enfants en bas âge, les personnes âgées ou atteintes de maladies chroniques, les personnes vivant sous un seuil de faible revenu ou celles aux prises avec des problèmes de santé mentale, souligne la requête déposée au conseil par Mme Goulet.

Sur ce point, M. Corbeil semblait démontrer une certaine ouverture. « Est-ce qu’on est préoccupé par les îlots de chaleur et [le verdissement]? Effectivement. Je pense que la réorganisation de ce secteur va se faire avec cette intention-là », a-t-il commenté. La requête citoyenne suggérait l’ajout de « végétalisation sur le pourtour et à l’intérieur des espaces de stationnement » et l’utilisation d’une surface autre que le bitume.

Pour attaquer le problème à la source, Mme Goulet a également évoqué le besoin de mettre en place des mesures pour favoriser le transport actif et le transport en commun et limiter l’étalement urbain afin « de réduire le besoin de posséder un ou deux véhicules ». Le conseiller du centre-ville, Jeannot Caron, a assuré que ce sujet sera abordé à travers l’élaboration du plan particulier d’urbanisme au centre-ville. Un plan directeur sur le transport actif devrait d’ailleurs être présenté à la population sous peu. « On travaille là-dessus », a indiqué M. Caron.

Lors de l’annonce d’une acquisition supplémentaire sur la rue Saint-Simon, en février, le conseiller du centre-ville plaidait pour la transformation de ces immeubles en stationnement à court terme, mais avait affirmé qu’il souhaitait que la Ville puisse un jour « redonner ces espaces aux citoyens » lorsque les stationnements deviendront moins nécessaires.

Il n’y a toujours pas de date de démolition à l’agenda, a spécifié le directeur général Louis Bilodeau. « On va prendre le temps nécessaire, mais il n’y a pas d’urgence », a-t-il affirmé. Le maire Corbeil a tout de même exprimé sa volonté d’aller de l’avant avec ce réaménagement du secteur. « Lors de la rencontre citoyenne au centre-ville, on a entendu des gens qui veulent plus de stationnements et d’autres qui en veulent moins. En tant qu’élus, c’est notre job de prendre une décision », a-t-il expliqué.

Les immeubles du Centre Mondor, le long de la rue du même nom, passeront aussi sous le pic des démolisseurs, comme à peu près tout le quadrilatère formé par les rues Saint-Antoine, Mondor, Marguerite-Bourgeoys et Saint-Simon, à l’exception de l’hôtel Ottawa, qui est actuellement à vendre. Le tout doit former un stationnement public de près d’une centaine de places, juste en face de celui déjà existant, derrière la pharmacie Jean Coutu. Ce dernier a été agrandi à l’automne 2017 par la démolition de trois édifices à logements adjacents.

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