12 janvier 2012
Les déserteurs
Par: Pierre Bornais

Nos moeurs politiques ne sont guère familières avec les changements d’allégeance en cours de mandat, même si ce n’est pas une nouveauté en soi.

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Nos moeurs politiques ne sont guère familières avec les changements d’allégeance en cours de mandat, même si ce n’est pas une nouveauté en soi.

Peut-on parler alors d’exceptions?Les mouvements les plus importants sont généralement liés à la création des partis politiques; ce qui est plus normal.Jadis, il y avait les rouges et les bleus, un point c’est tout.Les listes électorales faisaient l’objet d’un pointage dans tous les quartiers et le scrutin était grosso modo conforme aux « prévisions » locales.Toutes les fois qu’une nouvelle formation a vu le jour, il y a eu des transfuges.L’Union nationale de Duplessis, le Crédit social de Réal Caouette, le Parti québécois de René Lévesque ou l’ADQ de Mario Dumont ont tous vécu cette mutation dans les croyances et les allégeances.La CAQ de François Legault s’inscrit dans cette logique, dans la mesure où il est question de candidatures pour un prochain scrutin.Là où le bât blesse cependant, c’est quand il est question, en cours de mandat, de changer d’allégeance.Quand l’électeur accorde son vote, il le fait généralement en faveur d’une formation, d’un chef ou d’un candidat. Dans l’ordre ou le désordre.Changer cette règle du jeu entre deux élections relève plus de l’opportunisme que de la normalité du système; d’où le recours au terme « déserteur ».Et c’est à juste titre que les électeurs, le cas échéant, éprouvent une certaine frustration.Le cas le plus évident de « girouette » est sans doute celui de la députée NPD qui adhère au PLC moins d’un an après le scrutin fédéral.Il serait préférable que dans l’éventualité d’un tel changement, le candidat élu démissionne de son poste pour se présenter sous ses nouvelles couleurs.Et ce sont les électeurs qui auraient alors le dernier mot.-30-

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