25 avril 2013
Les disquaires indépendants n’ont pas dit leur dernier mot
Par: Le Courrier

On martèle dans les médias que les disquaires indépendants ne l’ont pas facile. Au Québec, il en reste seulement une quinzaine. Ce n’est pourtant pas ce que démontre le Record Store Day, une journée toute spéciale pour les disquaires indépendants, qui a eu lieu, samedi, chez Fréquences Le Disquaire à Saint-Hyacinthe.

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Et c’est loin d’être fini pour Jean-François Tétreault, propriétaire de Fréquences Le Disquaire qui, quelques jours après la Journée des disquaires, en a encore plein les bras avec les ventes qui n’en finissent plus.

« Là, je suis dans le Record Store Day deuxième partie », raconte M. Tétreault dans la section arrière du magasin, au milieu des piles de disques et de vinyles destinés à la livraison. « J’ai des commandes de partout. Il faut dire que j’avais prévu le coup. J’ai du stock que je suis le seul à avoir au Canada. J’ai même une commande d’Australie pour un client qui voulait le 7 pouces de David Bowie parce qu’il n’arrivait pas à le trouver ailleurs. »Sur place dès 5 h 30 du matin pour préparer les étagères de disques et vinyles, dont certains avaient été dédouanés seulement la veille, le propriétaire de Fréquences Le Disquaire se doutait bien que la journée serait chargée. D’autant plus que, contrairement à l’an dernier, il accueillait l’auteur-compositeur-interprète Alex Nevsky en prestation. Mais jamais il ne s’attendait à ce que la journée prenne une telle ampleur.« La journée du Record Store Day a été débile! À 8 h 45 le matin, il y avait déjà une trentaine de personnes qui faisait la file. Pendant la prestation d’Alex Nevsky, il y avait des gens qui regardaient de l’extérieur faute de place à l’intérieur. Et après, c’est devenu incontrôlable. Au moins 500 personnes sont venues pendant la journée! »Il n’y a pas de doute, la Journée des disquaires rejoint beaucoup de monde et cela confirme, selon M. Tétreault, que la musique est loin de disparaître. Y compris les vinyles qui vivent une réelle effervescence. « Cette tendance-là, on la remarque. Ce ne sont plus juste les collectionneurs qui se procurent des vinyles. C’est le support qui permet de rendre le son le plus fidèlement possible. Au départ, je pensais que l’engouement ne durerait pas, mais au contraire, cela ne fait qu’augmenter. »Au point où plusieurs compagnies de disque se lancent dans la production de vinyles, avec des cartons de téléchargement pour se procurer l’album en format digital.Alex Nevsky a d’ailleurs profité de la Journée des disquaires pour lancer un 7 pouces avec deux chansons inédites Tuer le désir et On leur a fait croire.On ne peut toutefois pas nier que les changements au sein de l’industrie du disque ont fait la vie dure aux disquaires ces dernières années. Il faut être tenace et passionné pour continuer. Après 23 ans en affaires, Érick-Louis Champagne, propriétaire de Fréquences Le Disquaire à Granby, a préféré fermer boutique, en janvier, à la suite de sa nomination à titre de directeur général de la Maison de la culture de Waterloo. Mais d’autres s’en tirent très bien. À commencer par Fréquences Le Disquaire à Saint-Hyacinthe qui a gagné, le 5 avril, le prix du Meilleur magasin de disques au Québec à l’ADISQ.« C’est vrai que l’industrie musicale a vécu des bouleversements. Mais je pense que l’on s’apprête à vivre quelque chose de nouveau. Peut-être y a-t-il une part nostalgie, je ne sais pas. Mais il y a un cycle qui revient à la base. Les gens reprennent le temps de magasiner leurs items et d’écouter leurs albums. »À long terme, Fréquences Le Disquaire prévoit organiser davantage de performances d’artistes en magasin. Une manière de créer une proximité entre ces derniers et les consommateurs. L’auteur-compositeur-interprète Louis-Jean Cormier a d’ailleurs manifesté son intérêt à se déplacer à Saint-Hyacinthe dans le cadre d’une formule semblable à celle élaborée pour Alex Nevsky.

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