9 février 2012
Hausse des frais de scolarité
Les étudiants haussent le ton
Par: Le Courrier
L'association étudiante du Cégep de Saint-Hyacinthe multiplie les activités de mobilisation contre la hausse des frais de scolarité. Dans l'ordre habituel : Audréane Arseneault, Gabrielle Jodoin, Anthony Chiasson-Leblanc et Michèle Maltezos.

L'association étudiante du Cégep de Saint-Hyacinthe multiplie les activités de mobilisation contre la hausse des frais de scolarité. Dans l'ordre habituel : Audréane Arseneault, Gabrielle Jodoin, Anthony Chiasson-Leblanc et Michèle Maltezos.

Les étudiants du Cégep de Saint-Hyacinthe, comme ceux de tout le Québec, se préparent à faire entendre au cours des prochaines semaines leur opposition à la hausse de 1 625 $ des frais de scolarité universitaire.

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À l’interne, les activités de sensibilisation auprès des étudiants ont déjà commencé. Tournée des classes, vidéos virales, grandes fresques de mains rouges, port du fameux carré rouge : rien n’est laissé au hasard pour que tous soient informés de l’enjeu.

Et pour cause. En dernier recours, c’est la grève générale qui pourrait être déclenchée, affirme le président du Regroupement des étudiants et étudiantes du Cégep de Saint-Hyacinthe (RÉÉCSH), Anthony Chiasson-Leblanc.« Ce n’est pas la voie que nous souhaitons privilégier, mais si le gouvernement continue de faire la sourde d’oreille, nous n’aurons pas le choix. Des huit grèves générales étudiantes qui ont eu lieu au Québec, sept ont fonctionné de façon éloquente. Ça met une pression considérable sur le gouvernement, car le Québec ne peut pas se permettre de retarder l’arrivée sur le marché du travail de tous ces étudiants. »Les étudiants du Cégep pourraient être consultés sur la question dès le début du mois de mars. Quoiqu’il advienne, la grogne devrait culminer le 22 mars, lors d’une grande manifestation nationale à laquelle les fédérations collégiales et universitaires souhaitent attirer plus de 30 000 étudiants.

Incertitude

Pendant que la mobilisation s’organise, certains étudiants remettent carrément en question leur capacité à s’offrir des études universitaires l’an prochain.

C’est le cas de Sébastien Trudel, de Gabrielle Jodoin et Michèle Masltezos.« Je n’ai pas accès aux bourses, seulement aux prêts étudiants, raconte Sébastien, un finissant du programme de cinéma. Je ne peux pas me permettre plus de dettes. Même si le domaine du divertissement est très important au Québec, les emplois demeurent précaires. Je ne vois pas comment je pourrais rembourser à court terme. » Michèle, qui siège à l’association étudiante, a fait une croix, du moins pour l’an prochain, sur ses études en journalisme et en sciences politiques. Au cours des dernières années, elle s’est serré la ceinture, a cumulé deux emplois pendant ses sessions collégiales et a même pris une session sabbatique pour renflouer son compte en banque. « Quand c’est rendu que tu décides entre payer la facture du Cégep au lieu de ton épicerie, c’est pénible. J’en ai mangé du riz! »Michèle n’a pas accès au programme de bourses elle non plus, car le revenu de sa famille dépasse les 60 000 $ par année, et ce, même si elle vole déjà de ses propres ailes depuis quatre ans. « C’est frustrant parce que l’image que les gens ont des étudiants, ce sont des jeunes avec leur iPod, qui sortent dans les bars et qui vont dans le sud à Noël. Je ne nie pas qu’il y en a, mais ce n’est pas la majorité. Moi, je n’ai pas un sou à mettre dans les bars. »Gabrielle, directrice des affaires externes du RÉÉCSH, espère toujours, pour sa part, trouver une façon de payer ses études universitaires dans le domaine biomédical. « On n’est pas des gens sans emploi qui veulent se faire vivre par l’État, défend Sébastien. Au contraire, on essaie justement de faire nos études pour contribuer à l’État. Avec la hausse des frais de scolarité, on va nous juger sur notre capacité à payer plutôt que sur notre capacité à réfléchir. »

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