12 novembre 2015
Centre de congrès
Les exemples de Sherbrooke et Lévis
Par: Jean-Luc Lorry
Le Centre de congrès et d’exposition de Lévis.

Le Centre de congrès et d’exposition de Lévis.

Le Centre de foires de Sherbrooke. Destination Sherbrooke

Le Centre de foires de Sherbrooke. Destination Sherbrooke

Pour justifier son implication dans la construction d’un centre de congrès, la Ville de Saint-Hyacinthe se réfère à plusieurs municipalités québécoises qui sont devenues propriétaires d’infrastructures similaires.

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Les municipalités de Sherbrooke et de ­Lévis ont participé à la relance du tourisme d’affaires sur leur territoire en ayant ­investi plus de 5 M$ chacune dans leur centre de congrès.

Pour assumer les coûts de construction du futur centre des congrès qui sera construit sur le terrain des Galeries St-Hyacinthe, la Ville opte de son côté pour un règlement d’emprunt d’au moins 20 M$.

Selon ses prévisions financières de la Ville, le centre de congrès maskoutain devrait générer après 15 ans, des revenus supplémentaires de taxes de l’ordre de 13,5 M$ et dégager un surplus net de 3,9 M$.

Sherbrooke

Inauguré en janvier 2011, le Centre de foires de Sherbrooke représente un investissement total de 21,2 M$.

Pour financer ce projet dont la Ville ­estime les retombées économiques ­régionales à plus de 12 M$, Ottawa et ­Québec avaient contribué à hauteur de 11,6 $ (5,8 M$ chacun) et la municipalité pour un montant de 5,8 M$.

La gestion du Centre de foires a été confiée à Destination Sherbrooke, un ­organisme paramunicipal dont la ­mission première est la mise en valeur des attraits récréotouristiques de la région.

Pour opérer le Centre de foires, Destination Sherbrooke a reçu en 2015 une contribution municipale annuelle inférieure à 25 000 $. « Le reste des revenus provient de la location et des différents services ­associés », précise en entrevue au COURRIER, Rémi Demers, conseiller municipal et président de Destination Sherbrooke.

Celui-ci souligne que l’objectif est de réussir à autofinancer le Centre de foires. « Tous les profits réalisés servent à ­équilibrer le budget de fonctionnement », note M. Demers. →

Lorsque ce centre de congrès a commencé ses opérations, la Ville était intervenue pour équilibrer les comptes.

« La Ville s’était engagée à supporter un manque à gagner et l’a effectivement fait. Depuis deux ans, on peut dire que le Centre de foires atteint la rentabilité au chapitre des opérations », mentionne M. Demers.

Lévis

La Ville de Lévis est propriétaire de la ­première phase de son centre de congrès et d’expositions qui a ouvert ses portes en 2008. Construit au coût de 13,5 M$, la municipalité y a investit 5,3 M$. La ­balance du financement a été assumée par les deux paliers gouvernementaux pour 4 M$ chacun.

L’exploitation du Centre de congrès et d’expositions a été confiée à un opérateur privé dans le cadre d’un contrat d’exploitation de cinquante ans.

Pour répondre adéquatement à la ­demande, ce centre de congrès qui est ­aujourd’hui le 4e plus important au ­Québec a doublé sa surface pour atteindre plus de 80 000 pieds ­carrés.

Cette expansion majeure de 11 M$ fut financée à 100 % par l’entreprise privée qui gère le complexe originel.

La Ville est locataire de la nouvelle ­partie et paye un loyer de 520 000 $. Par contre, elle détient une option d’achat sur l’immeuble.

Le Centre de congrès et d’exposition de Lévis qui est intégré à un hôtel Four Point Points by Sheraton semble une référence pour Saint-Hyacinthe. La direction générale de la Ville a d’ailleurs confié un contrat de consultant à Michel Douville, directeur général du complexe de Lévis.

Un tel agrandissement permet de ­répondre à une croissance d’achalandage estimé à 15 % par année. « On ne sera plus en compétition avec Rimouski et Rivière-du-Loup, mais plutôt avec Saint-­Hyacinthe et Laval », avait alors indiqué Michel Douville en entrevue au quotidien Le Soleil en décembre 2012.

Ce qui semble intéresser la Ville de ­Lévis sont les retombées économiques liées à ce type d’infrastructure sur la ­région plutôt que de possibles bénéfices d’exploitation.

« Un centre de congrès est un centre de dépenses et non un centre de profits. L’exploitant (l’opérateur privé) est ­responsable des dépenses et des revenus », a glissé au COURRIER un responsable du développement économique de Lévis sous le couvert de l’anonymat.

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