3 novembre 2011
Les experts
Par: Martin Bourassa

Je suis bon dans un paquet d’affaires, dont pour chialer et critiquer diront plusieurs, mais je suis expert dans rien. Pour un paquet de choses de la vie courante, je m’en remets au savoir-faire et à l’expérience des autres. La plupart du temps.Quand se produit un glissement de terrain, je regarde et je m’interroge. Quand un second arrive, puis un troisième et un quatrième je m’inquiète. Mais je m’en remets aux experts, ingénieurs et géologues de tout acabit en me disant qu’ils sont payés pour comprendre et expliquer des phénomènes naturels. Et pour recommander ou non des interventions ou des évacuations s’ils le jugent nécessaire.Cela ne m’empêche toutefois pas de conserver mon sens critique. Car un expert aussi bon soit-il peut se tromper. Il n’a pas la science infuse.Le glissement ou l’affaissement de la route 133 à Saint-Denis-sur-Richelieu soulève un paquet de questions. C’est le plus récent d’ailleurs d’une série noire qui a commencé de façon aussi triste que spectaculaire à Saint-Jude le 10 mai 2010.Ceux qui ont lu le rapport des experts qui ont analysé ce cas savent que ce glissement mortel était imprévisible. Tant et si bien que ces spécialistes affirment qu’il faudra encore bien des années et des expertises pour saisir l’ampleur du phénomène qui a dévasté, au sens propre comme au sens figuré, une région.Dans le cas de Saint-Denis, l’affaissement du Chemin des Patriotes était selon moi beaucoup moins imprévisible. Même qu’il avait été annoncé!Lors des audiences publiques du BAPE sur la stabilisation des berges de la rivière Richelieu l’hiver dernier, un ancien inspecteur municipal de Saint-Denis avait déposé un mémoire traitant précisément du segment de la route qui s’est effondré.Il proposait la construction d’un chemin de contournement tellement il trouvait la situation inquiétante et cette partie de route instable. Les experts ne l’ont pas écouté.Ils ont même fait pire. Même si le rapport du BAPE indiquait que le tronçon de route devait être traité en urgence, les experts du ministère des Transports ont révisé leurs propres conclusions et ont classé cette partie de route dans la catégorie des réfections à être effectuées dans un horizon de trois à dix ans, tout comme 25 autres segments de route le long de la rivière Richelieu. Ils ont cependant ordonné des travaux correctifs afin de corriger un problème technique dans la fameuse courbe en question. On a donc ajouté du bitume quelques jours avant l’affaissement du 20 octobre. On connaît la suite.Ha oui, j’oubliais. Les experts du ministère des Transports ont tenu une conférence de presse vendredi pour rassurer les gens du secteur. Même si les analyses sont en cours, ils prétendent que c’est un mythe de croire que le transport lourd sur le chemin des Patriotes pourrait être en cause dans l’effondrement et estiment que les travaux d’asphaltage effectués récemment n’ont que très peu à voir dans l’affaissement. Pour l’instant, ils mettent le blâme sur l’érosion. Je suggère donc d’avoir les berges et surtout les experts à l’oeil. De toute évidence, ils peuvent se tromper.

Je suis bon dans un paquet d’affaires, dont pour chialer et critiquer diront plusieurs, mais je suis expert dans rien. Pour un paquet de choses de la vie courante, je m’en remets au savoir-faire et à l’expérience des autres. La plupart du temps.Quand se produit un glissement de terrain, je regarde et je m’interroge. Quand un second arrive, puis un troisième et un quatrième je m’inquiète. Mais je m’en remets aux experts, ingénieurs et géologues de tout acabit en me disant qu’ils sont payés pour comprendre et expliquer des phénomènes naturels. Et pour recommander ou non des interventions ou des évacuations s’ils le jugent nécessaire.Cela ne m’empêche toutefois pas de conserver mon sens critique. Car un expert aussi bon soit-il peut se tromper. Il n’a pas la science infuse.Le glissement ou l’affaissement de la route 133 à Saint-Denis-sur-Richelieu soulève un paquet de questions. C’est le plus récent d’ailleurs d’une série noire qui a commencé de façon aussi triste que spectaculaire à Saint-Jude le 10 mai 2010.Ceux qui ont lu le rapport des experts qui ont analysé ce cas savent que ce glissement mortel était imprévisible. Tant et si bien que ces spécialistes affirment qu’il faudra encore bien des années et des expertises pour saisir l’ampleur du phénomène qui a dévasté, au sens propre comme au sens figuré, une région.Dans le cas de Saint-Denis, l’affaissement du Chemin des Patriotes était selon moi beaucoup moins imprévisible. Même qu’il avait été annoncé!Lors des audiences publiques du BAPE sur la stabilisation des berges de la rivière Richelieu l’hiver dernier, un ancien inspecteur municipal de Saint-Denis avait déposé un mémoire traitant précisément du segment de la route qui s’est effondré.Il proposait la construction d’un chemin de contournement tellement il trouvait la situation inquiétante et cette partie de route instable. Les experts ne l’ont pas écouté.Ils ont même fait pire. Même si le rapport du BAPE indiquait que le tronçon de route devait être traité en urgence, les experts du ministère des Transports ont révisé leurs propres conclusions et ont classé cette partie de route dans la catégorie des réfections à être effectuées dans un horizon de trois à dix ans, tout comme 25 autres segments de route le long de la rivière Richelieu. Ils ont cependant ordonné des travaux correctifs afin de corriger un problème technique dans la fameuse courbe en question. On a donc ajouté du bitume quelques jours avant l’affaissement du 20 octobre. On connaît la suite.Ha oui, j’oubliais. Les experts du ministère des Transports ont tenu une conférence de presse vendredi pour rassurer les gens du secteur. Même si les analyses sont en cours, ils prétendent que c’est un mythe de croire que le transport lourd sur le chemin des Patriotes pourrait être en cause dans l’effondrement et estiment que les travaux d’asphaltage effectués récemment n’ont que très peu à voir dans l’affaissement. Pour l’instant, ils mettent le blâme sur l’érosion. Je suggère donc d’avoir les berges et surtout les experts à l’oeil. De toute évidence, ils peuvent se tromper.

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